Cher disparu,
J’aimerais être sure que tu es mort. L’enfer de ton absence incertaine est étouffant. Je brûle à chaque instant de te retrouver. Seras-tu le même où totalement un autre? La mort est une plaie franche qui peut cicatriser avec le temps. Mais là, tes enfants te croient partis pour un long voyage dont on ne connaît pas la date de retour. Tel un culbuto, j’oscille entre le deuil et l’espoir.
J’aurai dû me méfier de la fascination qu’exerçait sur ton cette côte rocheuse. L’exaltation permanente quant tu partais prendre ton quart sur le phare aurait dû m’alerter. Je repense surtout à ces silences angoissants lors de certaines journées de repos. Les enfants devenaient nerveux. Tes yeux semblaient toujours attirer par la même direction.
Si tu savais combien j’ai erré au milieu de ces îlots à ta recherche. Je voudrais tellement faire cesser les rumeurs absurdes autour de ta disparition. Reviens, je t’en supplie!
Ta femme.