lettre de Joël Aub. à Sylvie G.

Chère Mademoiselle,

Cette démarche m'est pénible et j'espère vivement ne pas vous déranger. En effet ma situation est absurde mais véridique: j'ai totalement perdu la mémoire.

Je me suis réveillé un jour dans un appartement qui doit être le mien sans aucun souvenir mais avec un violent sentiment d'étrangeté. Je ne savais plus ni qui ni où j'étais.

J'ai pour l'heure rassemblé d'infimes indices:

  • vu mon appartement et ce qu'il contient, je dois être photographe professionnel
  • le nom sur la boîte aux lettres est Joël Aub.
  • votre nom et votre adresse sont au dos d'une photo en ma possession

Cette aphasie est assez traumatisante, je vous assure. Les médecins sont incapables de m'aider. Ils sont très dubitatifs et réservés sur mon cas. Le discours lancinant que j'entends m'invite à "attendre que cela passe…" J'ai même des difficultés à m'exprimer. C'est pourquoi, je suis obligé de faire appel à un écrivain public.

Si vous êtes en mesure de m'aider, je vous supplie de venir à mon secours. Dites-moi tout ce que vous savez sur moi, même si c'est peu. Cela pourra déclencher une cascade de remémorations.

En vous remerciant infiniment d'exister, vous êtes mon plus bel espoir de comprendre ce qui m'arrive.

Recevez, mademoiseille, mes sincères salutations.

Joël Aub.

PS: Merci d'envoyer votre réponse à cet adresse, je m'en remets pour l'instant à l'écrivain public pour vous lire.

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Published in: on Wednesday 29 March 2006 at 8:16 pm  Comments (1)  

Lettre de Nicolas De Lap. à François D.

Monsieur François D.

Je suis l'écrivain public auquel votre ex-femme a fait appel pour sa lettre de rupture. Ma démarche n'est pas déontologique et va certainement vous choquer.

Cependant je tenais à vous écrire pour m'excuser du ton violent de ce courrier. La rupture est déjà quelque chose de brutal, il me semble que c'est la moindre des politesses que d'y mettre les formes. En dépit de mes conseils, votre ex-femme s'est montrée particulièrement insistante et tenait à l'usage de certaines expressions blessantes.

J'ajoute que je n'ai jamais rencontré une personne aussi véhémente et arrogante. Elle a refusé non seulement de s'asseoir dans mon salon d'écriture mais aussi de toucher à mes petits gâteaux. Elle ne s'est pas privée de critiquer la décoration de mon espace de travail que beaucoup trouve convivial et chaleureux. Je qualifierais sans hésitation son attitude de détestable.

Le pire est malheureusement à venir. C'est une menteuse et une lâche. Peu avant la fin du courrier, un homme, plutôt quelconque et vulgaire, l'a rejointe. Ils rigolaient bruyamment quand j'ai relu la lettre qui vous était adressée. Je vous passe d'autres détails tout aussi
inqualifiables. Je la trouve très lâche de ne pas être venue vous le dire en face. Son grand courage a brillé par la suite quand elle s'est mise à trembler devant les rafales de vent qui souffle fort cet après-midi sur Lyon.

Je regrette d'être l'intermédiaire de tant de légèreté à votre égard. C'est pourquoi je vous écris tout autant pour m'apaiser que pour vous soulager de tous remords sur cette rupture.

Je reste, si vous le souhaitez, à votre écoute. Vous pouvez m'écrire ou venir me voir à ma boutique d'écriture.

Recevez mon plus chaleureux bonjour.

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 26 March 2006 at 8:44 pm  Leave a Comment  

Lettre de Mustapha à ses parents

Chers parents,

Je suis triste de ne pas avoir pu vous donner de nouvelles depuis si longtemps. J’ai dû renvoyer Ilker, mon cuisinier, parce qu’il me volait et qu’il me mentait par dessus le marché! C’est pourquoi j’ai eu beaucoup de travail. C’est lui, honte et malheur à cet enfant de salaud ainsi qu’à toute sa famille, qui écrivait pour moi et me lisait vos courriers.

Je dois maintenant faire appel, comme vous, à un écrivain public. Que Dieu bénisse sa plume!

Les affaires marchent très bien en ce moment et je suis fier de vous envoyer plus d’argent que d’habitude. J’ai même eu un article dans Le Petit Bulletin, journal gratuit qui donne les sorties culturelles (théâtre, cinéma, musique, restaurant,…) à propos des concerts que je fais le vendredi soir. Ils ont même dit que la nourriture était succulente, cela veut dire encore mieux que très bonne. Ce mot donne l’eau à la bouche. Il fait saliver. Je mets avec la lettre l’article où il y a ma photo. Vous le montrerez à Mohamed et aussi à Soumya, ma cuisinière adorée.

Donnez-moi des nouvelles de mon fils. Est-ce que Mohamed s’applique bien à l’école? Je vais lui écrire bientôt.

Je pleure tous les jours qu’il ne soit pas à coté de moi et qu’il ne puisse pas profiter des délices de courir librement dans la rue ou d’avoir plein d’amis qui ne se lamentent pas sans cesse sur son sort.

Je m’encolère de toutes ses démarches pour nous rapprocher. Je tape parfois mes poings contre les murs quand je rentre de la Préfecture. J’entends bien la voix sucrée du fonctionnaire qui me rappelle que je dois m’estimer heureux d’avoir une carte de séjour.

Je dois retourner travailler. Les clients n’attendent pas! Obligez Mustapha à manger plein de poissons et d’oranges pour qu’il puisse être fort à l’école.

Vous me manquez tous. Embrassez très fort mon fils.

Que Dieu vous garde en vie!

Mustapha El-Y.

Published in: on Thursday 23 March 2006 at 7:45 pm  Leave a Comment  

Réponse d’Yves à Félicie

Chère Félicie,

Ton écriture sur l’enveloppe ne laissait aucun doute. C’était toi. Comme tu l’as si bien deviné, longtemps j’ai erré sans toi, d’abord à Alger, puis ici. J’ai finis par déménager pour un appartement plus petit. Juste à côté d’une épicerie algérienne… Je ne cherchais pas à oublier. J’achetais des dattes ; je dégustais un thé à la menthe ; j’attendais une carte postale, les mauvais jours un faire-part de décès, les autres l’annonce de ton retour ; j’épicais tous mes plats pour être à ton goût, si un jour… Mes fruits n’étaient que des agrûmes de là-bas.

Tout me fatiguait. Tout me paraissaît terne. L’assemblée des vivants m’ennuyait. Les amis se sont éloignés. Je vivais comme un fantôme sans douleur. Anesthésié. J’ai dû toucher le fond, il y a peu. Car ce Noël, j’avais décidé de me réveiller, de tourner la page…

Après la traversée de cette morne plaine, cet hiver mouvementé me donne le vertige. Il y a, Marie, la tempête de neige, qui vient de rentrer dans ma vie. Il y a un fou furieux, une vague connaissance, qui a dévasté mon appartement. Et enfin… ton courrier.

La blessure ne s’est pas ré-ouverte. Je t’ai lu presque comme une étrangère. Marie est partie renouer quelques jours avec sa famille. Pas vue depuis son mariage avec Yves, elle aussi fait ses retrouvailles. Ma peau ne frisonne plus à tes mots qui pourtant me transportent dans notre histoire, ce passé que tu embellis un peu.

Oui, bien sûr, ce premier été dans les Alpes. Nous étions sur le nuage des premiers moments seuls, loin des amis et de la famille. Le baiser, le premier baiser qui ne venait pas avec nos regards timides. Et puis la folie qui s’en suivit, l’insouciance et les rires. Les culottes oubliées à la laverie, la tente de camping qui s’effondre sous la vent, les cartes postales mouillées par la menthe à l’eau renversée,… Oui, tu pourrais en faire un conte merveilleux.

Mais le suite est plus banale. Tu étais plus soucieuse. Tu passais des soirées sans me parler. Etait-ce un silence heureux comme tu aime à le dire? Je ne crois pas. Comment savoir ce que tu attendais? Je te protégeais, oui, comme un parent. Mais rien d’autre n’était possible dans ce vide hagard. On s’amusait. Avec nos boulots pas trop stressants, la vie se déroulait sans heurts. Point de fantaisie, c’est vrai. Tu étais une énigme qui me plaisait mais pesait aussi. Tu avais quelques instants de folie, brèves expirations dans ton asthme permanent.

Alors c’était le bonheur pour toi. Tant mieux. J’en retire un goût amer d’être passé à côté de toi, peut-être. Dans ta lettre, j’ai l’impression de ne pas te reconnaître. Le temps a-t-il changé mes souvenirs? Est-ce ta nouvelle vie qui me trouble? Seul devant ta lettre, je ne sais plus qui je suis.

Je cherche mes mots pour te parler encore de moi, pour conjurer cette image d’Epinal que tu m’adresse. Avec Marie chahutant enfin ma vie, je me sens rajeunir. J’implore mon étoile du soir pour que cela s’affirme et se déploie comme l’arbre du voyageur brûlant presque sous le soleil tropical mais sans cesse rafraichis par les Alizées.

Je voudrais être ce vent qui traverse l’Atlantique, libre de connaître tous les horizons, libre de pouvoir te reconnaître sans s’attacher à nouveau, libre de choisir les pollens qui deviendront plus loin les fleurs d’autres femmes.

Non, je ne veux pas lire tes mots. Je te préfère en inconnue définitive croisée dans une autre vie. J’ai attendu tellement longtemps de pouvoir oublier, de me donner ce droit, de l’arracher à la culpabilité.

Oui, ta lettre ajoute une pierre à mon deuil.

Non, un livre dédicacé trainerait dans me vie comme une peau morte qui ne veut pas se décomposer.

Adieu,

Philippe

Published in: on Tuesday 21 March 2006 at 8:20 pm  Leave a Comment  

Lettre de Laetitia à François D.

François,

Je n’irais pas par quatre chemins. Je te quitte.

Tu pensera ce que tu veux de moi mais c’est ainsi. Cela n’a rien à voir avec le chomage dans lequel tu semble te complaire. Non, je suis fatiguée te ton militantisme débordant.

Dénoncer tous les travers de notre société ne te ménera à rien. Manifester contre le CPE ou passer des nuits à refaire le monde dans le local d’ATTAC sont totalement vain. M’interdire de voir Star Wars sous prétexte que c’est de la propagande américaine ne me fait plus rire. Est-ce mieux de regarder “Les feux de l’amour” ou “Desperate housewifes”?

Tu m’empêchais de vivre, de pouvoir acheter ce qui me faisait plaisir et de rester insouciante. La vie n’est peut-être pas drôle pour les autres, le tiers-monde et tout le tralala, mais je m’en moques.

Tu es simplement aigri de t’être fait renvoyer comme une vieille chaussette usée. Je vais te donner un conseil, le dernier: ravale tes discours idéalistes, résignes-toi et tu verra que tout ira mieux.

Ne crois surtout pas que je te quittes pour un autre. Cela se résume à ce que je viens d’écrire. Je t’en veux beaucouop et je n’ai pas l’intention de te pardonner. Tu ne peux pas imaginer comme je me sens soulagée de cette décision. Je vais certainement fêter cela en passant la soirée à danser sur des airs latino, ceux que tu trouvais “beatement sucrés”.

Garde ou jete mes affaires. Fais-en ce qui te plait, je ne veux plus voir ce qui nous appartenait.

Je pars sans laisser d’adresse. Ce n’est pas la peine d’essayer de me retrouver. Tu n’existe plus pour moi.

Laetitia

Published in: on Sunday 19 March 2006 at 10:12 am  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon chéri,

Cette nuit quand je me suis glissée dans le lit de l’hôtel, pourtant petit, je me suis sentie perdue. J’aurais eu besoin de sentir ton corps, de pouvoir te toucher et caresser ton corps, tes muscles,…

Je rougie de te confier cela en présence de l’écrivain public. Mais comme je n’écris pas le français, il le faut bien.

Dans ce pays, cette ville, ces gens qui t’on vu naître, je pense encore plus à toi que lors de mes autres prestations en Europe.

J’essaie d’observer comment les gens d’ici font pour s’embrasser, se tenir à table, sourire, chanter et parler. Ils aiment beaucoup manifester ou faire grève. J’ai croisé hier les étudiants s’opposant au CPE (Contrat Première Embauche). J’y comprends rien…

J’écoute tout azimut -mot que j’ai découvert hier- ce qui se dit et je te promets d’avoir un meilleur vocabulaire en rentrant.

Les répétitions se passent bien. Ils n’arrêtent pas de dire qu’ils “adorent” ma voix.
Moi, je t’adore en entier. J’adore ta bouche aux belles lèvres et ta langue curieuse qui fouille en moi. J’espère que tu te souviens de mon chant d’amour quand nous sommes au lit. Je tais ici les détails mais je pense que tu vois à quoi je fais allusion.

Ecris-moi chez l’écrivain public, tu sais que je ne peux lire le français.

Je t’embrasse

Ton oiseau chantant
Thérésa

Published in: on Wednesday 15 March 2006 at 4:22 pm  Leave a Comment  

Lettre de Félicie à Yves

Cher Yves,

Je sais que ma démarche va te surprendre. Te donner de mes nouvelles après tant d’années. Je sais que tu n’as pas pu comprendre que je te quitte sans un mot, sans un cri, sans une souffrance entre nous. Je sais que cela a été violent pour toi. Je t’ai vu me chercher les premiers jours. Après, j’ai fuis plus loin.

“C’est ici”, voilà ce qui m’a obsédée pendant les premières heures de notre escale à Alger. Je voulais vivre ici. Sans toi.

Bien sûr. Tout allait bien entre-nous. Il y avait cette douce harmonie bien établie, de l’amitié enfantine transformée en premier amour, puis en unique amour. On coulait des jours heureux avec ce rythme tranquille des couples parfaitement assortis. Je me noyais plutôt. Il me semblait ne pas avoir grandis, d’être toujours cette adolescente que tu avais intrigué, faite rire et embrassée. Je me cognais aux limites de cette enfance, sans respiration vers l’avenir.

Dès que nous avons commencé à marcher dans Alger, j’ai su que j’allais rester ici. Je ne voulais, je ne pouvais donner aucune explication. Je voulais partir, c’est tout.

J’ai trouvé plus que je ne cherchais. Ici, je suis plus comblée qu’heureuse. C’est difficile à expliquer. En fait, je n’ai pas besoin du bonheur, trop fugace et hypnotique mais de liberté qui attise le feu de l’existence avec son cortège de risques, de défis et de lucidité. Quand la conjonction est bonne, je peux saisir pleinement des fragments de joie, certes éphémères mais tellement plus intenses. Ce sentiment d’y être pour quelque chose vaut tous les cadeaux même les plus surprenants.

Alger, Saïd, mon homme, et depuis quelques mois, Malek mon poussin, sont les ingrédients premiers de ma vie. Et puis, il y a écrire. J’ai commencé pour des raisons professionnelles, comme journaliste. J’ai continué pour des raisons vitales, comme dernier espace de liberté.

Je voudrais m’excuser de mon manque de courage envers toi. Je voudrais t’encourager à m’oublier. Je sais par des amis communs que tu n’as pas encore de nouvelle vie. Je ne regrette rien de nous. Parfois, je pense que cette étape était nécessaire pour moi. Aurais-je pu affronter les premières années de ma vie sans toi? Quand ma cheville me fait mal, je pense à toi. Cette douleur fantôme me rappelle notre été sportif dans les Alpes, l’été de nos premières fois.

Je suis pour quelques jours au salon national du livre et de l’audiovisuel de Tizi Ouzou, premier du genre, pour dédicacer mon premier livre. C’est certainement cet évènement qui me ramène à ces premières fois. Si tu le souhaite, je t’en adresserais un.

Je t’embrasse.

Félicie

Published in: on Monday 13 March 2006 at 8:24 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Roger

Salut Roger,

Me voici installé depuis quelques semaines dans cette grande ville de Lyon. Je suis à quelques pas de l’Opéra dans une zone populaire et animé.

Je fais l’écrivain public, un de mes rêves parmi d’autres, si tu te souviens de nos discussions acharnées.

J’ai quitté Montpellier pour les raisons que tu sais, trop de déceptions et trop d’impasses dans cette cité, ce grand sucre d’orge synthétique. Comme au cinéma, il n’a que du vent derrière ces décors en trompe l’oeil. J’étouffais. J’ai remarqué qu’ici les gens t’abordent sans sympathie excessive et sans méfiance particulière. Ils t’observent. Ils attendent de voir.

Après quelques petits aménagements, une décoratrice d’intérieur a accepté de m’aider gracieusement, j’ai ouvert ma boutique d’écriture. Il y a un petit salon très cosy avec canapé et fauteuils. Je trouve cela plus convivial que le vrai bureau que j’utiliserais pour mes autres travaux d’écriture, s’il y en a. Je propose de faire des biographies ainsi que tous travaux de relecture et d’écriture. D’ailleurs un thésard en sciences vient de me confier la relecture de son mémoire. Je ne comprends pas toujours tout mais je corrige pas mal d’erreurs de syntaxe et d’orthographe bien que je ne sois pas non plus un champion en la matière. Il m’achètera en échange trois livres de poésie.

En effet une partie de ma bibliothèque trône dans ma boutique. J’ai lu quelque part que cela posait l’écrivain public dans son rôle.

J’ai eu mon premier client, un cadre stressé qui m’a laissé le soin d’écrire à sa femme, et quelques personnes qui se sont justes renseignées.

Je me sens seul comme un poisson qui remonte à contre-courant un fleuve inconnu. Je devais faire cette rupture. Il me fallait partir pour essayer de savoir un peu qui je suis et surtout prouver que je peux faire quelque chose de ma vie.

Je regrette de ne plus te voir mais j’espère qu’on s’écrira très souvent, qu’on ne se perdra pas de vu…

Avec toute mon amitié,

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 12 March 2006 at 11:11 am  Leave a Comment  

Lettre de Jean Lebarbu à Simone Lebarbu

Chère chérie,

J’ai confié à un écrivain public le soin de finaliser ce courrier. Je préfère ne plus utiliser les emails. Ils sont surveillés, j’en suis maintenant certain. Il règne dans l’entreprise une ambiance étouffante de suspicion en lien avec les évènements économiques dont les médias se font les échos, beaucoup trop eu égard à la discrétion nécessaire dans ce genre d’affaire.
Inutile de te préciser que la compétition entre seniors et juniors managers est sans pitié. Tout temps de travail consacré à autre chose te met hors jeu ou te disqualifie auprès du chief-manager.
Comme tu travailles beaucoup de nuits en ce moment, il m’est impossible de te téléphoner pour entendre ta voix avant de dormir. Cela me manque!
J’espère que ces mots d’amour confiés à un tiers sauront réchauffer ta solitude passagère.
J’aime ton visage ovale et tes yeux amandes à l’air joyeux. Ta voix frémit comme le doux vent d’été.
J’aime embrasser ta cicatrice. Tu sais où!
J’aime croquer délicatement la pulpe de tes lèvres.
J’aime me promener avec toi au bord de la rivière, lieu si cher à nos yeux, lieu qui a accepté toutes nos difficultés et toutes nos joies.
J’aime nos réveils matinaux, juste dans les bras l’un de l’autre, à regarder par la fenêtre fleurir le Soleil.
Je ne t’oublie pas.
Je me bats pour que notre avenir soit meilleur.
Je souhaite ardemment que notre amour résiste à cette période, que je m’efforce d’écourter. Je te le promets.
Je t’embrasse.

Jean Lebarbu
Ps: réponds-moi par le même canal.

Published in: on Tuesday 7 March 2006 at 8:36 pm  Leave a Comment  

A propos de ce blog

Je suis un jeune écrivain public installé à Lyon depuis peu. Je souhaite que ce blog soit un reflet de mon activité professionnelle par la mise en ligne de quelques correspondances rédigées pour des clients.

Mais il sera aussi un peu le reflet de ma propre vie avec à la publication de ma correspondance privée. Les noms, les professions et quelques éléments biographiques sont modifiés pour garantir la confidentialité et l’anonymat.

J’espère par ailleurs que ces échanges épistolaires constitueront un témoignage parmi d’autres de la vie de ce début de 21ème siècle.

Quelques lecteurs pourront peut-être trouver là matière à s’inspirer pour leurs propres écrits. N’hésitez pas à réagir ou à proposer vos lettres.

J’espère enfin que vous y aurez d’agréables moments de lecture.

Nicolas L.

Published in: on Tuesday 7 March 2006 at 8:25 pm  Leave a Comment