Lettre de Thérésa à Francis

Chère couleur de ma vie,

Je t'écris cette deuxième lettre rapprochée car j'ai rencontré ta soeur dimanche dernier. Véronique a été très froide. Je lui ai donné de tes nouvelles et expliqué ta réussite actuelle dans notre pays. Elle a hoché la tête lorsque je lui ai parlé de nous. Il y a eu un moment d'hésitation où j'ai l'impression qu'elle voulait me dire quelque chose, puis non… Véronique m'a ensuite congédié poliment. Avant de nous quitter, elle s'est renseignée sur les dates de représentation de l'Opéra et puis a ajouté sans conviction que je pouvais repasser "si j'en avais envie".

Vous avez quelques traits de visage en commun ainsi que des intonations. En revanche, elle m'est apparue peu guillerette (proposé par l'écrivain public, ce mot me fait rire …) pour ne pas dire triste. Véronique est restée tout aussi froide quand ses bambins (j'aime ce diminutif!) sont venues lui demander l'autorisation de regarder je ne sais quelle émission télé. Est-ce que tu ne devrais pas lui écrire?

Samedi, après la répétition, le directeur de l'Opéra m'a emmené voir la showcase de Katerine, un artiste de chanson française. Outre le look de dandy, c'est un fou qui nous a fait un numéro hilarant du gars maladroit et désabusé tout au long de sa prestation. Il a chanté trois de ces compositions que j'ai trouvé très chouette. Je t'envoie ci-joint Robots après tout, son dernier album.

Les répétitions sont un peu pénibles en ce moment car je suis en délicatesse avec le metteur en scène. Son exigence vire au délire paranoïaque. Je me suis opposé à lui sur certains points, notamment sur le rythme soutenu de notre travail. Après m'avoir traité de tous les noms, il a fini par m'exempter de certaines demi-journées. Cela reposera ma voix. Je peux aussi me ressourcer par des balades et par les lectures que tu m'avais suggéré.

Je t'écris aussi vite parce que tu me manques beaucoup. Je suis un être social et qui vit mal la solitude, tu le sais, alors l'éloignement dans une contrée où je parle difficilement la langue est un supplice pour moi. J'espère que les représentations transcenderons comme d'habitude les moments douloureux.

Je t'adresse mon chant doux et sauvage, celui qui n'appartient qu'à nous!

Thérésa

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Published in: on Monday 15 May 2006 at 7:53 pm  Leave a Comment  

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