Lettre de Jean à Simone Lebarbu

Ma belle Simone,

Deux lettres d’un coup et une photo de toi dans ton nouveau maillot de bain. J’ai fait un jaloux auprès de l’écrivain public. Je suis gâté. La Poste n’est plus aussi performante qu’avant. Au diable les plaintes, je n’ai pas de temps à perdre et je ne vais pas bouder mes plaisirs multiples en ces périodes difficiles au boulot.

J’ai appris que la boîte avait des difficultés et qu’un plan social se trame dans notre dos. Seuls les killers garderont leurs places under THE sky. Je me démène pour faire du chiffre et je n’hésite plus à glisser des peaux de bananes par-ci par-là. Les scrupules sont pour les faibles comme disait l’autre. J’espère passer au travers des perturbations.

Mes congés ne devraient pas être remis en cause. Je suis très impatient de te retrouver et de t’admirer en vrai dans ce sensuel maillot de bain. “L’été sera chaud,…” comme le dit si bien la chanson. L’écrivain public était prêt à me piquer la photo. Je crois que les orages passés sur Lyon ses derniers jours lui ont bien tapé sur le système. Il se retient pour des raisons déontologiques a-t-il précisé. Je rêve de nos balades insouciantes en bord de plage.

Moi aussi, je pense très fort à toi au réveil pour me donner la fight-attitude face aux loups pervers qui m’entourent. J’ai l’impression d’être dans les bonnes grâces des patrons qui n’ont récement félicité et encouragé.

Je te chatouille tendrement.

Je t’envoie une bise taquine dans cette enveloppe.

Ton Jean

PS: Ta pose langoureuse en maillot de bain va me ravir plusieurs jours.

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Published in: on Wednesday 28 June 2006 at 7:40 pm  Leave a Comment  

Lettre de la Confidente à Nicolas

Cher Nicolas,

Je suis ravie que notre échange épistolaire puisse s'établir sur la durée. Vous êtes pas mal en pyjama. Cela a égaillé mon petit déjeuner.

Je me trompais peut-être en pensant que vous aviez peur d'être vous-même. Cependant, je n'étais pas loin de la réalité. Vous êtes recroquevillé derrière des barrières de protection, un camp retranché bien établi. Celui-ci vous empêche de ressentir mais surtout d'apprendre en vous jetant à l'eau. Les expériences forment la jeunesse même si les échecs toujours possibles voire nombreux sont douloureux. J'ose espérer que notre correspondance vous soit utile pour ouvrir votre coeur et écouter votre sensibilité.

Pour répondre à ta question plus personnelle, oui, je vis seule. Je n'ai ni mari, ni compagnon, ni amis, ni amies. La solitude engendre la solitude comme tu dois le savoir. En outre arrivé à un certain niveau de responsabilité professionnel, il y a plus d'intérêts que d'amitiés réelles. Sans compter la rivalité féminine qui est féroce!

J'ai deux enfants, Arthur, un garçon de 12 et, Julie, une fille de 7 ans. Le printemps foisonne de soleil et de fleurs. Ils me manquent le temps où je partageais les joies du jardin avec eux. Profitant d'un moment d'abattement, son père a obtenu la garde exclusive et a tout fait pour me décourager d'utiliser mon droit de visite.

Retrouverais-je le courage d'essayer de les voir? J'ai en mémoire la seule tentative où ils m'ont offert le glacial d'une falaise abrupte comme cadeau de Noël. Il n'y avait aucune aspérité à toucher ni aucune tentative de se rapprocher de moi. Son père a dû leur dire des choses insensés sur moi.

J'arrête de t'ennuyer. Je ne peux plus écrire. Je tremble de trop de larmes qui affleurent. Je vais prendre un somnifère pour avaler une nuit d'oubli.

Amitiés,

Ta confidente (enfin)

Published in: on Sunday 25 June 2006 at 7:55 pm  Leave a Comment  

Lettre de François D. à Nicolas De Lap.

Très cher Nicolas,

Je te remercie infiniment de ce moment partagé. Notre rencontre paisible oscilla entre légèreté du temps comme il passe et gravité des confidences sur la vie réelle face à la vie rêvée.

Nos fonctionnements semblent similaires dans l'amour de la solitude et l'incapacité à nouer des relations sentimentales stables. Une prochaine fois, peut-être oseras-tu dire tes souffrances amoureuses. Comme tu veux mais je te sens rongé par d'anciens échecs mal digérés.

En revanche, contrairement à toi, je ne m'ennuie jamais. Suite à notre débat musical acharné, je réécoute en ce moment quelques disques de mon adolescence, surtout les Pink Floyd. Je suis toujours épaté par leurs trouvailles sonores et la violence de leurs textes. The Wall et sa dénonciation de la société manque à notre univers aseptisé par le divertissement.

En rentrant chez moi, j'ai eu une nouvelle occasion de m'énerver. On ne se refait pas! C'est une révolte précise et rageuse pas un vague sentiment de rébellion comme tu l'évoquais. J'ai brutalement pris conscience que sur le grand boulevard devant chez moi, il n'y avait qu'une personne par voiture. La pollution de ces individus égoïstes, solitaires et arrogants gâchait avec leurs fûmées grisâtres la belle météo du jour.

L'écoeurement supplanta avec vivacité la révolte et j'avais envie de casser leur satanées engins de mort. Ils seraient alors obliger de marcher, de prendre le temps de regarder le monde, de s'en émerveiller un peu. Ils se parleraient peut-être au lieu de rester dans la clôture de ces bulles de métal comme des demeurés.

Même après l'arrêt des concerts près de chez moi, j'ai eu du mal à dormir. J'imaginais une fumée noire envahissant mon appartement où je me disloquais par manque d'air.

J'en ai marre de tout, de ma situation où je ne sais plus ce que je fais là. Une envie d'ailleurs m'a saisi mais tout est vain…

Le seul sourire que j'ai eu depuis des semaines se sont tes lettres et notre conversation chez Mustafa. J'ai aussi apprécié notre ballade silencieuse (sic) dans la polyphonie musicale du 21 juin. Ecouter les musiciens sans faire de commentaires, avec parfois juste un regard de connivence.

J'espère que nous continueront à nous voir et à nous écrire.

Bien amicalement,

Francois D.
ps: tu as maintenant mon email.

Published in: on Thursday 22 June 2006 at 8:11 pm  Leave a Comment  

Lettre de ses parents à Mustapha

Très cher fils,

Notre liesse est grande de te voir réussir à Lyon. Soumya qui t'a transmis ce don de la cuisine s'est mise à chanter de joie devant ton article de journal reçu dans ta dernière lettre. Nous avons fait un grand repas en ton honneur. La nouvelle s'est faufilée comme un fauve dans le village. On nous salue plus chaleureusement et certains nous félicitent.

Ton argent est arrivé au bon moment car Mohamed a eu une vilaine blessure en se battant à l'école. Nous avons pu lui offrir les meilleurs soins médicaux. Il a défendu l'honneur de sa maman, une fois de plus insultée par les mauvais esprits. La hargne des plus teigneux a décuplé la violence des affrontements qui ont dégénéré. Les écorchures ne suffisaient plus, le sang a coulé et il y a eu de nombreuses fractures. Les enseignants, quels incapables, n'ont pu freiner l'inexorable furie des adolescents. L'école est restée fermée plusieurs jours.

Ton fils n'a rien de grave. Il pourra arborer une cicatrice au bras. Tu dois être fier de lui. Il demande souvent quand tu reviens au bled. Ses résultats scolaires sont bons mais ce n'est pas facile pour lui de se concentrer. Ta mère et moi, nous pensons qu'il cache sa tristesse pour ne pas nous alarmer. S'il te plaît, fais-lui une belle lettre rien que pour lui.

Mohamed a collé toutes tes cartes postales au-dessus de son bureau. Elles sont recouvertes de traces de ses doigts humides… A cause de toi, il est devenu fan du club de football de Lyon. Notre cousin lui permet de regarder les matchs retransmis sur les chaînes satellites.

Ta mère et moi, nous avons longuement réfléchis et nous te conseillons à nouveau de te trouver une nouvelle femme. Même si les lois françaises qui changent ne font pas d'un mariage la clé de ta naturalisation, cela doit compter quoique tu en penses. Et puis surtout, ce n'est pas bon de rester seul. Il te faut une femme pour t'aider au restaurant et s'occuper de toi. Maintenant que tu es un pacha, tu dois en attirer plus d'une. Enfin ne t'en fais pas pour ton fils, il comprendra. Il sait que tu as aimé très fort sa maman…

Tu nous manques à tous.

Nous te serrons très fort dans nos bras.

Tes parents

Published in: on Sunday 18 June 2006 at 9:16 am  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon amour,

En réponse rapide à ta lettre inquiète, je te fais ce petit mot pour te dire que je vais mieux. Les répétitions deviennent très prennantes et très fatiguantes. Nous enchaînons tout un acte pour la vision d'ensemble et travailler un peu plus le jeu entre nous. Je ne peux plus trop me dérober. Les relations avec le metteur en scène se sont détendues.

Nous avons essayer les costumes. C'est un moment très ludique que j'aime bien. J'y retrouve mon âme de petite fille qui enfilait les costumes de ma mère.

Cela va mieux aussi car je me suis fait des amis dans la troupe. Nous nous voyons en dehors au restaurant ou dans des petites ballades autour de Lyon. A ce propos connais-tu Pérouges? Le directeur de l'Opéra m'invite aussi à quelques soirées mondaines et me fait visiter les musées ou autres expositions temporaires comme la fascinante exposition de Jean-Luc Blanc présentée au Néon: Métempsycoses. Il s'agit de portraits réinterprétant des images ou des archétypes contemporaines. Grâce à toutes ses relations, je me sens beaucoup moins seule. L'agitation me laisse moins de temps pour vivre mes angoisses et remâcher mes doutes.

Je t'écris très vite.

Ta Thérésa qui t'embrasse tendrement

PS1: J'aime bien cette métaphore carnassière liée aux doutes. PS2: Je te joins une photo de moi en costume. J'ai pu la développer rapidement grâce aux bornes numériques très répendues ici. Comme j'aime à le répéter depuis que je connais ce mot: c'est merveilleux!

Published in: on Wednesday 14 June 2006 at 8:57 pm  Comments (2)  

Lettre de Nicolas De Lap. à la Confidente

Chère confidente,

Je suis déçu que nous ne puissions pas nous parler de vive voix mais je respecte votre choix. En recevant cette nouvelle lettre, vous comprendrez que j'ai résolu de continuer notre correspondance.

Vous vous trompez sur moi. Je crois que vous avez une vision romantique de l'être humain. De mon petit observatoire, je contemple quotidiennement les faux-semblants et les travers des êtres humains que nous sommes. Je persiste à dire que je suis vide et que je n'éprouve rien. La plupart du temps, le monde et surtout les gens qui m'entourent me sont indifférents. Totalement!

Vous dites que je n'oserais pas être moi-même à cause du regard des autres. Si vous saviez comment je m'en moques de leur regard. Non, vraiment, il n'y a rien qui m'émeut, si peu, au sens qui me mettrait en mouvement. Oui, je voudrais vivre un bel amour. Je voudrais frémir encore de ces premiers moments d'incertitude où l'on découvre l'autre avec des picotements au coeur, où le moindre sourire enivre d'espoir, où l'on se demande si l'attirance est réciproque. Je voudrais avoir connu ce qui déborde de la littérature.

Il y a quelques temps, je me suis figé -une déception amoureuse. Aimer quelqu'un qui ne voit rien de ce que vous êtes et qui vous utilises. Pour elle, le monde était divisé en deux catégories: ceux qui ont le pouvoir et ceux qui obéissent. Tout le reste n'était que mauvaise littérature. Je pense rétrospectivement qu'elle avait peur d'elle-même et de ses propres faiblesses. Cela ne cadrait pas avec l'image qu'elle voulait donner et surtout elle exécrait la faiblesse des autres, dont moi qui n'avait pas l'âme d'un battant. Je l'ai aimé aveuglément jusqu'à ce qu'elle m'ait poussé à la rupture. Je sens encore la violence de ce moment dans mon estomac qui se noue. Cruelle impasse.

Bien sûr, un sourire ou un mot gentil me désarçonne. Mais le doute m'envahit tout de suite et je passe mon chemin avant de tomber de haut. Je suis venu m'installer à Lyon, pour m'éloigner, pour retrouver un peu de sérénité, pour inspirer l'air d'autres possibles. Dans ma boutique d'écriture, je suis bien placé pour observer les mensonges et les lâchetés humaines dans ce domaine. Je désire parfois la femme d'un client, d'autres fois je trouve que la maîtresse n'est pas assez coquine avec son amant et je tente de l'entraîner vers de mots plus fous et plus érotiques. Cependant, je me garde bien de m'impliquer davantage et je me contente de vivre des petits frissons amoureux par procuration. Les séries télévisées, bien qu'américaines, ont parfois des éclairs du lucidité comme les désespérantes apparences de Desperate Housewives.

Regarder les aventures de ces femmes au foyer me conforte dans l'idée que je préfère cette solitude remplie de vacuité que vivre à deux d'une illusion d'amour. Au fait, connaissez-vous la solitude? Etes-vous marié ou en couple?

Recevez mon cordial bonjour à vous qui êtes si proche et si loin,

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 11 June 2006 at 8:29 pm  Leave a Comment  

Lettre des futurs mariés

Florent et Laurence à leurs parents respectifs

Chers parents,

En dépits de vos mises en garde et de votre probable réprobation, nous avons la ferme intention de nous marier.

Comme nous aspirons au recueillement spirituel plus qu'à un rassemblement mondain, cela se fera dans la plus stricte intimité en l'église de Bar-sur-Aube où Laurence réside. Il y aura les amis proches pour témoins et éventuellement vous s'il vous plaît malgré tout d'être des notres en ce moment solennel.

Le déroulement de la cérémonie à l'église est presque fixé et ce en accord avec le Père Roland: La marche de fiancailles de Wagner lors de l'entrée de l'édifice, puis le chant "Tu nous invites à la fête" et la lecture de la lettre de St Paul, apôtre, aux Colusiens ensuite l'alleluia de Taizé précèdera l'échange des consentements, la bénédiction des alliances et la prière des époux, par la suite l'offertoire "chantons la vie" accompagnera l'eucharistie et enfin nous terminerons par la communion "Qu'il est formidable d'aimer" avant la bénédiction finale suivie des signatures. La sortie aura lieu sous la méditation d'un morceau d'orgue sur lequel nous hésitons encore.

Les obstacles que vous voyez à notre union sont sans fondement et notre foi sera plus forte que les handicaps que vous opposez à notre amour. Nous sommes désolés de vous dire que vos yeux sont abusés par les illusions terrestres et la vanité des apparences.

Nous avons mûrement réfléchi à tous les aspects matériels de notre situation. Nous savons comment affronter à notre avenir commun avec joie, enthousiasme et ferveur.

Cela ne sera pas facile avec son lot d'a-priori et de souffrances quotidiennes, mais notre amour soutenu par notre foi nous délivrera le courage d'affronter chaques difficultés les unes après les autres.

Notre envie de vivre ensemble dépasse tout ce que vous pouvez imaginer et nous plaçons d'ores et déjà notre espérance dans l'accomplissement de notre union. Lui décidera de notre bonheur.

Recevez nos respectueuses salutations

Vos enfants

Published in: on Thursday 8 June 2006 at 8:52 pm  Leave a Comment  

Lettre de Joel Aub. à Sylvie G

(note de Nicolas De Lap.: J'ai perdu la réponse de Sylvie G. Celle-ci répondait en substance qu'effectivement Joel Aub. était photographe professionnel spécialisé dans le prêt à porter. Elle avait été l'un des ses modèles pour la collection d'un catalogue de vente par correspondance. Il avait essayé de la draguer lors d'un dîner mais qu'elle l'avait "renvoyé dans ses vingt-deux". En effet, il avait la réputation d'un séducteur ayant parfois d'étranges attitudes. Mais elle ne savait rien de plus. Elle avait appris sa disparition du circuit professionnel à cause de problèmes personnels, c'est du moins ce qu'on lui avait dit. Personne ne s'en était émue. Elle était désolée de n'avoir pu répondre plus tôt mais elle avait été hospitalisée quelques temps.)

Madame,

Tout d'abord, je vous remercie de votre réponse à mon appel au secours. Je voudrais ensuite m'excuser pour mon attitude déplacée lors du dîner que vous évoquez. Quelques bribes de ce repas me sont revenues pour confirmer vos dires.

D'autres souvenirs font échos à cette évocation de l'étrangeté de mon comportement. A mon désarroi s'ajoute maintenant un malaise de ne pas me connaître du tout. La perte de la mémoire se double du sentiment d'être étranger à soi-même est une situation que je ne souhaite à personne. J'ai l'impression que c'est un autre qui a commis ces méfaits et pourtant … il me semble bien entendre résonner au fond de moi l'écho de ces actes. Je m'embrouille au point de ne plus savoir.

Le frisson me parcourt en dictant ces phrases à l'écrivain public! Je n'en peux plus.

Après une pause nécessaire pour reprendre mes esprits, je reprends la dictée de ma lettre pour oser vous proposer un rendez-vous afin d'échanger plus en détails sur vos souvenirs. En outre la rencontre physique pourrait provoquer un choc propice à ma mémoire. Je souhaiterais aussi me faire pardonner de l'attitude de mon autre moi.

Enfin si cela ne vous embête pas et si c'est compatible avec votre état de santé bien entendu.

Avec tout mon espoir.

Joel Aub.

Published in: on Monday 5 June 2006 at 7:32 pm  Leave a Comment  

Lettre de la Confidente à Nicolas

Cher Nicolas,

Je suis ravie que vous accordiez plus de crédit à mon offre. Pour mon habileté à négocier, vous avez vu juste car je travaille dans la finance où tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Je regrette de plus en plus de m'être laissé embarquer dans cet univers. Mais c'est une autre histoire que je vous raconterais peut-être.

Personne n'est vide, simplement on ne nous enseigne pas le courage d'être soi. Alors la moindre différence vis-à-vis des autres fait peur et conduit à embrasser la carrière d'être vide qui fait là où on lui dit de faire, qui se conforme à son milieu ou aux belles normes sociales de son pays. Si vous aimez endosser le rôle des autres, vous auriez dû faire comédien. Avez-vous fait du théâtre?

Je ne vous sens pas vide mais plutôt replié sur vous même avec l'angoisse de souffrir aux contacts des autres. C'est vrai que s'engager et s'émouvoir dans une relation comporte un potentiel risque important ainsi que des désillusions terribles au bout. Comme sur les cours de tennis à Roland-Garros, il faut savoir à la fois écouter son adversaire pour jouer avec, même si ici l'objectif est de le battre, et exprimer sa personnalité en variant son jeu. Il faut savoir aussi se dévoiler progressivement en fonction de l'attitude de l'autre, quitte à retirer ses billes en douceur quand cela tourne mal.

Je ne fais pas une analyse psychologique de bazar mais j'émets juste une hypothèse permettant de poursuivre le dialogue. Cette première confidence, et pas des moindre, me touche beaucoup. Merci de me dire si mon analyse est complètement fausse et de me donner votre point de vue.

Vous avez probablement raison sur le fait que la rencontre serait profitable à notre correspondance. Cependant cela ne sera pas possible pour moi et je ne souhaite pas me justifier.

J'espère vivement que nous pourrons continuer cet échange épistolaire.

votre (déjà?) et mystérieuse confidente

ps: j'aime mieux recevoir vos lettres sous forme manuscrite.

Published in: on Saturday 3 June 2006 at 4:05 pm  Leave a Comment  

Lettre de Francis à Thérésa

Ma douce voix,

Depuis presque quinze jours, je ne reçois plus tes doux mots chantant depuis la plume de l'écrivain public.

J'espère que ta nature mélancolique n'a pas trop pris le dessus. Tu n'es guère faite pour l'élan des fastidieuses répétions. Ton appétit vorace de la scène te ferais jouer tout de suite après l'apprentissage du texte et à la rigueur quelques jours pour placer la voix et les déplacements.

Je suis inquiet et me remet tout entier à Nicolas De Lap. pour avoir rapidement de tes nouvelles.

Après de douloureuses hésitations, j'ai suivi ton conseil et j'ai téléphoné à ma soeur. De longs silences d'émotions ont ponctué notre conversation. J'en ai encore la chair de poule rien que d'évoquer nos retrouvailles. Je suis encore trop bouleversé pour t'en parler. Sache juste que Véronique envisage de venir en Argentine pour me voir, peut-être avec ses enfants. Dans ses phrases parsemées de sous-entendus, j'ai compris que sa vie de couple ne ressemble en rien à ces rêves d'adolescente.

Je me sens en plein désarroi tout à la fois joyeux de ses retrouvailles et triste pour l'échec de ma soeur.

Ta présence me manque d'autant plus terriblement à cause des troubles dans lesquels j'erre au milieu de notre maison vide. J'aimerais pouvoir me réfugier aux creux de ton corps.

Avec mes plus belles caresses, je t'embrasse de tout mon coeur

Ecris-moi très vite!!!

Ton Francis

Published in: on Thursday 1 June 2006 at 8:13 pm  Leave a Comment