Lettre de François D. à Nicolas De Lap.

Très cher Nicolas,

Je te remercie infiniment de ce moment partagé. Notre rencontre paisible oscilla entre légèreté du temps comme il passe et gravité des confidences sur la vie réelle face à la vie rêvée.

Nos fonctionnements semblent similaires dans l'amour de la solitude et l'incapacité à nouer des relations sentimentales stables. Une prochaine fois, peut-être oseras-tu dire tes souffrances amoureuses. Comme tu veux mais je te sens rongé par d'anciens échecs mal digérés.

En revanche, contrairement à toi, je ne m'ennuie jamais. Suite à notre débat musical acharné, je réécoute en ce moment quelques disques de mon adolescence, surtout les Pink Floyd. Je suis toujours épaté par leurs trouvailles sonores et la violence de leurs textes. The Wall et sa dénonciation de la société manque à notre univers aseptisé par le divertissement.

En rentrant chez moi, j'ai eu une nouvelle occasion de m'énerver. On ne se refait pas! C'est une révolte précise et rageuse pas un vague sentiment de rébellion comme tu l'évoquais. J'ai brutalement pris conscience que sur le grand boulevard devant chez moi, il n'y avait qu'une personne par voiture. La pollution de ces individus égoïstes, solitaires et arrogants gâchait avec leurs fûmées grisâtres la belle météo du jour.

L'écoeurement supplanta avec vivacité la révolte et j'avais envie de casser leur satanées engins de mort. Ils seraient alors obliger de marcher, de prendre le temps de regarder le monde, de s'en émerveiller un peu. Ils se parleraient peut-être au lieu de rester dans la clôture de ces bulles de métal comme des demeurés.

Même après l'arrêt des concerts près de chez moi, j'ai eu du mal à dormir. J'imaginais une fumée noire envahissant mon appartement où je me disloquais par manque d'air.

J'en ai marre de tout, de ma situation où je ne sais plus ce que je fais là. Une envie d'ailleurs m'a saisi mais tout est vain…

Le seul sourire que j'ai eu depuis des semaines se sont tes lettres et notre conversation chez Mustafa. J'ai aussi apprécié notre ballade silencieuse (sic) dans la polyphonie musicale du 21 juin. Ecouter les musiciens sans faire de commentaires, avec parfois juste un regard de connivence.

J'espère que nous continueront à nous voir et à nous écrire.

Bien amicalement,

Francois D.
ps: tu as maintenant mon email.

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Published in: on Thursday 22 June 2006 at 8:11 pm  Leave a Comment  

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