Lettre de Nicolas De Lap. à La Confidente

Ma chère confidente,

N’ayez pas d’inquiétude. Il n’y a aucune raison pour que je cesse une correspondance qui est devenue une bouffée d’air dans mon quotidien. Je ne vais pas m’offusquer de vos confidences douloureuses. Vous ne m’ennuyez pas ni ne me gênez. En fait, je suis flatté que vous ayez eu le courage de me confier des préoccupations aussi intimes. Continuez à m’écrire si vous en ressentez le besoin. J’espère de tout coeur ne pas vous décevoir.

Je n’ai pas été très disponible ces derniers jours. Vous m’en voyez désolé. Pour me payer des vacances, j’ai accepté de relire des mémoires et des thèses. C’est la bonne période. Cela demande moins de créativité mais plus de concentration et c’est plus lucratif…

Il est toujours délicat de donner des conseils quand on ne dispose pas de tous les éléments. Comme je vous sens anéantie par l’absence de tout contact avec vos enfants. C’est humain! Je me dois de vous encourager à renouer. Les débuts seront douloureux mais en l’état actuel de la situation, c’est à vous de faire le premier pas. Hormis un crime grave, je n’imagine pas des enfants rejeter leur mère.

Osez, donnez votre version et existez pour eux face à votre ex-mari. Evitez seulement d’en faire trop à cause de la culpabilité qui vous ronge. Je suis prêt à vous accompagner même si cela rompra pour nous le charme de la relation épistolaire anonyme. En tout état de cause si vous éprouvez le besoin de parler, sachez que ma porte vous est ouverte en permanence ainsi que mon téléphone.

Seuls se brisent
les espoirs restés au fond de nous
ceux que le vent a emporté
ceux qu’on a oublié
ceux dont le bonheur nous fait peur
du fond du précipice, les regrets nous guettent
la chute paraît belle comme un cygne
alors qu’un léger souffle suffit pour
chanter l’accompli
danser les pas de joie
et gagner le rire, cette cascade du réel insouciant.

Je dédie à votre volonté ce pauvre poème de ma composition.

Pour mes affaires, vous avez raison. Je commence à fidéliser une clientèle. La diva argentine m’agace un peu. Je trouve qu’elle file un drôle de coton. Ses sautes d’humeur sont plus fréquentes. Elle n’avait pas le coeur à écrire à son mari resté en Argentine. J’ai dû lui extirpé les mots. Sa tête et peut-être son coeur semble ailleurs. Je crois qu’elle est amoureuse de quelqu’un à Lyon. Je la sens capable des pires excentricités comme de tout plaquer pour une histoire romantique qui ne durerait que le temps d’un été.

Concernant la visite privée d’un homme mal habillé, c’est en effet un ami. François D. est un chômeur avec qui j’ai noué une petite correspondance. Nous avons tellement sympathisé qu’il est venu me rencontrer. Nous avons pas mal échangé ce soir-là, comme des frères qui ont des points communs mais trouvent le moyen de se chamailler. Il a un physique qui peut plaire aux dames, surtout cette allure de rebelle.

J’espère vous avoir un peu distraite avec mes histoires. Je propose que nous nous tutoyons. A cause de la tournure que prend notre correspondance, j’ai eu quant à moi le tu qui venait. J’ai repris deux fois ma lettre sans compter les couches de correcteurs que tu vous voyez.

Vraiment, n’hésitez pas à m’écrire.

A défaut de pouvoir vous tenir dans mes bras pour vous réconforter, je vous embrasse.

Nicolas De Lap.

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Published in: on Tuesday 25 July 2006 at 7:25 pm  Leave a Comment  

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