Lettre de Nicolas De Lap. à La Confidente

Chère confidente, Léa

Comme nous l’avions évoqué lors de notre conversation, ce séjour au Mali remue mon âme. Il me fallait revenir pour faire le deuil de l’enfance. Je suis parti d’ici avec des plaies non-cicatrisées. Ma main aime toujours effleurer de son ombre le fleuve. Je me suis promené en tremblant dans des lieux familiers dont certains ont heureusement changé depuis. Il m’a fallu ce temps pour apprivoiser ce pays. Ensuite j’ai revu deux de mes amis. Le bouleversement ne fait que commencer. J’ai l’impression d’avoir tellement changé depuis mon enfance. Mes amis parlaient ou avaient envie de parler à quelqu’un d’autre, celui qu’ils ont connu. Je n’ai pas opposé trop de résistance à leur souhait inconscient. Je recommence à m’y perdre.

C’est le souvenir majeur que je gardais de ma vie ici. J’ai grandis dans le brouillard en cherchant des repères. Je ne me trouvais pas moi-même. C’est l’incertitude qui m’a fait rencontrer le coeur des Maliens. La plupart des Français venaient avec leurs préjugés et repartaient sans connaître les habitants de ce pays. En me laissant porter par leur vent, par leur musique, par leurs mots, par leur rythme de vie et par leur fleuve, je me suis perdu en eux. Le départ m’a laissé vide de cette identité innachevée. Longtemps j’ai repoussé ce voyage ne m’autorisant que quelques rêves se déroulant ici. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être étranger à moi-même et pourtant si proche. Demain, je continue mon périple. Je prends le risque d’êtrer percuté par le passé et de le perdre… Pour la première fois de ma vie, j’appréhende les jours qui viennent.

Je suis très heureux de notre rencontre. J’ai eu le courage de vous aborder directement après l’audace de François D., le chomeur autour du monde comme vous l’appelez. Avez-vous déjà de ces nouvelles? Je n’ai cependant pas osé vous dire que vous êtes très belle. J’espère que vous garder le même moral après cette rencontre. Je suis certain que vous aurez rapidement le droit de voir vos enfants. La vie offre souvent des mouvements de balancier avec de belles surprises après des moments douloureux.

Amicalement,

Nicolas De Lap.

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Published in: on Saturday 16 September 2006 at 9:39 am  Leave a Comment  

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