Lettre de La Condidente à François D.

Cher François,

Suite à notre discussion chez Mustapha, je crois que vous êtes un nomade, un homme qui a besoin d’inconnu sinon il étouffe sur place. Votre regard perçant saisit la beauté des choses, le coeur des êtres mais aussi tous les cris engloutis, les mesquineries et les hypocrisies. Au bout de quelques temps vous n’êtes que rancoeur et agressivité tel un bête prise dans un piège. Vous n’avez pas besoin de changements et de rencontres pour vous découvrir vous même. Je vois un être blessé qui cherche à comprendre pour se faire comprendre. S’il vous plaît oubliez ses petites hésitations et partez vers l’horizon. Evitez simplement les zones en crise comme le Proche-Orient ou en d’Afrique (Darfour ou autres)

J’ai beaucoup aimé le ton de votre lettre et votre style. Vous êtes un joueur de mots et d’idées. Pensez à faire écrivain. Vous devriez peut-être rédiger un carnet de voyage. J’adorerais le lire au retour. En tout cas continuez à m’écrire.

Nicolas vient de rentrer de son voyage au Mali. J’ai vu dans ces yeux errer les fantômes du passé. Leurs reflets ne sont pas encore complètement effacés. Il n’ose en parler avec moi. Il reste des plaies à vif. Il dit que c’était bien son dernier voyage là-bas. L’autre soir, il se dégageait de lui une telle fragilité qu’on aurait dit qu’il était sur le point de tomber… Je me sentais un peu démunie et je voulais éviter l’ambiguïté de le prendre dans mes bras. Peut-être vous en écrira-t-il plus qu’il ne m’en a dit.

C’est vrai qu’il est séduisant et plein de qualités. Il m’attire et c’est la raison pour laquelle j’ai eu le culot de commencer un échange épistolaire avec lui. Aujourd’hui c’est moi qui hésite et lui qui me cours après. Nous sommes dans le scénario classique de la rencontre amoureuse. Je vois bien sa mine enjouée quand je passe le voir. Je vois bien ses sourires quand je lui parle. J’entends bien ses frémissements quand je lui fait la bise. C’est moi qui ne sait plus très bien où j’en suis avec la demande de visite pour mes enfants et puis… je vous ai rencontré. Vous m’aviez déjà intrigué et tapé dans l’oeil lorsque vous étiez passé dans la boutique d’écriture de Nicolas.

Vous me fascinez et faite résonner en moi de profondes musiques. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour mieux faire connaissance. Ecrivez-moi! Parlez-moi de vous! L’amour fleurira ou s’étiolera des graines de mots échangés.

Très chaleureusement,

Léa dite La Confidente

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Published in: on Friday 6 October 2006 at 2:14 pm  Leave a Comment  

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