Lettre de Mustapha à son fils

Cher fils, chers parents,

Je suis tout au bonheur de ma décision. Je vais venir te chercher Mohammed avant la rentrée des classes en France. J’ai reçu l’assurance que mon dossier de rapprochement familial était très bon. La réponse favorable ne ferait aucun doute. Mon optimisme naturel me conduit à prendre les devants. J’ai très envie de vous revoir tous. Tous les cadeaux que je veux vous faire s’accumule déjà dans l’appartement. Je salive déjà du tajine deSoumya et des lampées de vin rouge de là-bas. Que la fiesta soit grandiose, que la joie s’écoule de nos gorges, que nos corps dansent jusqu’à l’étourdissement…

Je prends l’avion dans quinze jours. Je devrais arriver très vite après la réception de ce courrier. Mohammed prend le strict nécessaire. Le poids des valises est de toute façon limité. Et puis je veux avoir le plaisir de t’offrir des vêtements en France. Tu pourras décorer ta chambre comme tu veux. Je te promets que tu ne manqueras jamais de rien.

Ces derniers jours, je n’arrête pas de parler de toi autour de moi. Mes employés t’attendent avec impatience. Ils me taquinent en me disant que je serais mon terrible quand tu sera là… Mes fidèles clients sont aussi très curieux de faire ta connaissance. Les femmes me traitent de grand cachottier (c’est quelqu’un qui cache quelque chose aux autres). Ils m’encouragent tous à ne plus reporter mon projet. Ils se moquent tous de moi tellement je ne tiens plus en place tout à mes préparatifs et à mon envie d’être avec vous.

A très bientôt

Je vous embrasse.

Mustapha El-Y

PS de l’écrivain public: Je suis aussi très curieux de te connaître Mohammed.

Published in: on Tuesday 21 November 2006 at 6:31 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Simone Lebarbu

Chère Simone,

Vous me mettez dans une situation bien délicate. En effet à force d’avoir exhorté votre mari à se passer de moi, il vous a écouté. En plus, j’hésite à vous rendre ce service car vous avez été désagréable à mon égard. A votre décharge, je me suis comporté comme un goujat. Pour me faire pardonner, je me suis résolu à vous aider.

Je n’ai pas de bonnes nouvelles. Premièrement votre mari est très mal. Je l’ai trouvé très fatigué et la mine de quelqu’un qui ne prend plus du tout soin de lui. Il néglige sa tenue vestimentaire. Cela ne doit pas arranger sa situation professionnelle. Il a catégoriquement refusé de m’en parler. Je n’en suis pas certain mais je crains qu’il se soit mis à boire. Deuxièmement, votre mari vous trompe. Il était venu une fois à ma boutique d’écriture avec cette femme, sa secrétaire. J’avais quelques soupçons mais sans plus. Elle est passé chez lui pendant que nous causions… Elle n’est pas plus belle que vous. Elle est moins intelligente. Elle est surtout plus proche. Il s’est mis à délirer et à chanter “Je m’en fous de tout… je marche seul, je m’en fous de tout, …je m’en fous de vous…” en désignant sa secrétaire puis moi… J.J Goldman n’en méritait pas tant. Il m’a dit que je pouvais vous le dire, que maintenant il se moquait de tout, que plus rien n’avais d’importance, qu’il était un incapable qu’il méritait ce qui lui arrivait… N’en croyez pas un mot. Il est désespéré mais il doit vous aimer encore beaucoup.

Je ne vois pas trop comment l’aider. Pour l’instant, je lui ai suggéré de changer de boulot. J’ai nettement l’impression que c’est ce qui le gangrène de l’intérieur. Il se confond tellement avec son travail que sa vie en dépend trop. Il a réfléchis un moment sans me contredire. Est-ce que vous pensez que j’ai fait une erreur?

Maintenant que vous connaissez la situation, dites-moi ce que vous voulez que je fasse.

Je vous promets de le revoir pour lui éviter de faire des bêtises et d’aggraver son cas mais en fait il n’a pas tellement besoin de se changer les idées. Il a besoin de quelqu’un qui lui trace la route. Si vous l’aimez encore, c’est à vous de le faire me semble-t-il.

Bien à vous,

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 12 November 2006 at 3:00 pm  Leave a Comment  

Email Nicolas De Lap. à La Confidente

Bonjour ma confidente, bonjour Léa,

J’ai repris plus d’une dizaine de fois ce courriel avant de trouver comment vous écrire ce que je ressens. La magie de l’informatique permet d’effacer sans laisser de traces les formules maladroites, les tournures alambiquées ou les hésitations.

Je suis en train de tomber amoureux de vous. Vous m’aviez déjà touché dans vos courriers. J’y percevais une personnalité capable d’écoute et ne reniant pas sa propre fragilité. Vous êtes belle dans ce corps généreux qui ne se cache pas dans des vêtements sombres ou amples. J’aime votre audace sans arrières pensées. J’aime aussi l’attention que vous porter aux autres, à essayer de les comprendre sans les juger.

Je voudrais dissiper tout de suite un possible malentendu: je n’ai pas l’âme d’un saint-maritain. Je ne me sens pas attiré à cause des difficiles relations avec vos enfants et votre ex-mari.

Je désire être plus souvent avec vous et vous connaître au-delà de notre relation épistolaire.

En espérant que vous ne trouviez pas ridicule ma démarche, j’attends impatiemment votre réponse.

Je rêve de vous embrasser.

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 5 November 2006 at 10:59 am  Leave a Comment