Email Nicolas De Lap. à La Confidente

Bonjour ma confidente, bonjour Léa,

J’ai repris plus d’une dizaine de fois ce courriel avant de trouver comment vous écrire ce que je ressens. La magie de l’informatique permet d’effacer sans laisser de traces les formules maladroites, les tournures alambiquées ou les hésitations.

Je suis en train de tomber amoureux de vous. Vous m’aviez déjà touché dans vos courriers. J’y percevais une personnalité capable d’écoute et ne reniant pas sa propre fragilité. Vous êtes belle dans ce corps généreux qui ne se cache pas dans des vêtements sombres ou amples. J’aime votre audace sans arrières pensées. J’aime aussi l’attention que vous porter aux autres, à essayer de les comprendre sans les juger.

Je voudrais dissiper tout de suite un possible malentendu: je n’ai pas l’âme d’un saint-maritain. Je ne me sens pas attiré à cause des difficiles relations avec vos enfants et votre ex-mari.

Je désire être plus souvent avec vous et vous connaître au-delà de notre relation épistolaire.

En espérant que vous ne trouviez pas ridicule ma démarche, j’attends impatiemment votre réponse.

Je rêve de vous embrasser.

Nicolas De Lap.

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Published in: on Sunday 5 November 2006 at 10:59 am  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à La Confidente

Chère confidente, Léa

Comme nous l’avions évoqué lors de notre conversation, ce séjour au Mali remue mon âme. Il me fallait revenir pour faire le deuil de l’enfance. Je suis parti d’ici avec des plaies non-cicatrisées. Ma main aime toujours effleurer de son ombre le fleuve. Je me suis promené en tremblant dans des lieux familiers dont certains ont heureusement changé depuis. Il m’a fallu ce temps pour apprivoiser ce pays. Ensuite j’ai revu deux de mes amis. Le bouleversement ne fait que commencer. J’ai l’impression d’avoir tellement changé depuis mon enfance. Mes amis parlaient ou avaient envie de parler à quelqu’un d’autre, celui qu’ils ont connu. Je n’ai pas opposé trop de résistance à leur souhait inconscient. Je recommence à m’y perdre.

C’est le souvenir majeur que je gardais de ma vie ici. J’ai grandis dans le brouillard en cherchant des repères. Je ne me trouvais pas moi-même. C’est l’incertitude qui m’a fait rencontrer le coeur des Maliens. La plupart des Français venaient avec leurs préjugés et repartaient sans connaître les habitants de ce pays. En me laissant porter par leur vent, par leur musique, par leurs mots, par leur rythme de vie et par leur fleuve, je me suis perdu en eux. Le départ m’a laissé vide de cette identité innachevée. Longtemps j’ai repoussé ce voyage ne m’autorisant que quelques rêves se déroulant ici. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être étranger à moi-même et pourtant si proche. Demain, je continue mon périple. Je prends le risque d’êtrer percuté par le passé et de le perdre… Pour la première fois de ma vie, j’appréhende les jours qui viennent.

Je suis très heureux de notre rencontre. J’ai eu le courage de vous aborder directement après l’audace de François D., le chomeur autour du monde comme vous l’appelez. Avez-vous déjà de ces nouvelles? Je n’ai cependant pas osé vous dire que vous êtes très belle. J’espère que vous garder le même moral après cette rencontre. Je suis certain que vous aurez rapidement le droit de voir vos enfants. La vie offre souvent des mouvements de balancier avec de belles surprises après des moments douloureux.

Amicalement,

Nicolas De Lap.

Published in: on Saturday 16 September 2006 at 9:39 am  Leave a Comment  

Lettre de La confidente à Nicolas De Lap.

Mon cher Nicolas,

Je te remercie infiniment pour ta lettre. Ton poème m’a ému. J’ai versé quelques larmes, de soulagement cette fois. Je craignais une réaction négative de ta part. C’est vrai que le tu vient naturellement.

Dans une situation normale, tu serais dans le vrai. Il me suffirait de débarquer à l’improviste et de demander à voir mes enfants. Après un round d’observation, nous nous jeterions dans les bras les uns des autres en pleurant une bonne fois. Cependant j’ai perdu mon droit de visite au motif que j’étais une mauvaise mère, jamais à la maison et qui ne se préoccupait pas de ses enfants. C’est vrai que je travaillais énormément pour nous assurer un train de vie confortable. Ce qui ne déplaisait pas à monsieur! En simple employé d’un agence de voyage, il n’aurait même pas pu assumer la moitié d’un de nos crédits. C’est vrai qu’il s’en occupait beaucoup et moi très peu. C’était provisoire. Quand un homme agit ainsi, la société trouve cela normale mais une femme elle passe pour une égoïste dénuée de sentiments. Le cercle vicieux c’est qu’en tant que femme, vous devez encore plus faire vos preuves dans votre travail. Encore aujourd’hui, je me sens flouée par ce procès écoeurant.

Mon ex-mari cherchait une revanche sur la société. Je fus son prétexte. Il n’a reculé devant aucunes bassesses pour gagner son combat, se moquant de m’humilier en public et surtout aux yeux de mes enfants. Trop jeunes et trop influençables, ils n’ont pu que croire le discours majoritaire bien rodé contre les mères indignes. Le jour de la condamnation, j’ai sentis leurs regards se refermer comme si la sentence me faisait disparaître de leur monde. Toute cette injustice et les réactions autour de moi à l’époque m’ont paralysée pour longtemps.

Du coup si je veux entrer en contact, je suis tributaire du bon vouloir de mon ex-mari. Il distille cela avec un art consommé de la perversion. Je dois rappeler et entre temps, il a eu le temps de leur remémorer toutes mes mauvaises actions. Je sens ma fille Julie moins froide et moins sous la coupe de mon ex. J’ai bien imaginé toutes sortes de stratagèmes: enlèvement, les raccompagner en douce depuis leur école, engager un tueur contre mon mari, échanger des emails avec eux pour enfin me faire comprendre… En principe, tout contact m’est interdit sans l’autorisation explicite et la présence de mon ex-mari.

Ce procès était un tel cataclysme dans ma vie. J’aimais très fort mon mari et mes enfants. Je n’ai pas pu et surtout pas eu la volonté de me défendre à l’époque. Je le regrette de plus en plus. Tes paroles chaleureuses sonnent en moi, tel le gong du réveil, l’envie de faire valoir ses droits. J’attends la rentrée pour me renseigner auprès d’un avocat.

Je t’embrasse très chaleureusement.

Ta confidente (qui se confie beaucoup…)

Published in: on Wednesday 30 August 2006 at 5:16 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à La Confidente

Ma chère confidente,

N’ayez pas d’inquiétude. Il n’y a aucune raison pour que je cesse une correspondance qui est devenue une bouffée d’air dans mon quotidien. Je ne vais pas m’offusquer de vos confidences douloureuses. Vous ne m’ennuyez pas ni ne me gênez. En fait, je suis flatté que vous ayez eu le courage de me confier des préoccupations aussi intimes. Continuez à m’écrire si vous en ressentez le besoin. J’espère de tout coeur ne pas vous décevoir.

Je n’ai pas été très disponible ces derniers jours. Vous m’en voyez désolé. Pour me payer des vacances, j’ai accepté de relire des mémoires et des thèses. C’est la bonne période. Cela demande moins de créativité mais plus de concentration et c’est plus lucratif…

Il est toujours délicat de donner des conseils quand on ne dispose pas de tous les éléments. Comme je vous sens anéantie par l’absence de tout contact avec vos enfants. C’est humain! Je me dois de vous encourager à renouer. Les débuts seront douloureux mais en l’état actuel de la situation, c’est à vous de faire le premier pas. Hormis un crime grave, je n’imagine pas des enfants rejeter leur mère.

Osez, donnez votre version et existez pour eux face à votre ex-mari. Evitez seulement d’en faire trop à cause de la culpabilité qui vous ronge. Je suis prêt à vous accompagner même si cela rompra pour nous le charme de la relation épistolaire anonyme. En tout état de cause si vous éprouvez le besoin de parler, sachez que ma porte vous est ouverte en permanence ainsi que mon téléphone.

Seuls se brisent
les espoirs restés au fond de nous
ceux que le vent a emporté
ceux qu’on a oublié
ceux dont le bonheur nous fait peur
du fond du précipice, les regrets nous guettent
la chute paraît belle comme un cygne
alors qu’un léger souffle suffit pour
chanter l’accompli
danser les pas de joie
et gagner le rire, cette cascade du réel insouciant.

Je dédie à votre volonté ce pauvre poème de ma composition.

Pour mes affaires, vous avez raison. Je commence à fidéliser une clientèle. La diva argentine m’agace un peu. Je trouve qu’elle file un drôle de coton. Ses sautes d’humeur sont plus fréquentes. Elle n’avait pas le coeur à écrire à son mari resté en Argentine. J’ai dû lui extirpé les mots. Sa tête et peut-être son coeur semble ailleurs. Je crois qu’elle est amoureuse de quelqu’un à Lyon. Je la sens capable des pires excentricités comme de tout plaquer pour une histoire romantique qui ne durerait que le temps d’un été.

Concernant la visite privée d’un homme mal habillé, c’est en effet un ami. François D. est un chômeur avec qui j’ai noué une petite correspondance. Nous avons tellement sympathisé qu’il est venu me rencontrer. Nous avons pas mal échangé ce soir-là, comme des frères qui ont des points communs mais trouvent le moyen de se chamailler. Il a un physique qui peut plaire aux dames, surtout cette allure de rebelle.

J’espère vous avoir un peu distraite avec mes histoires. Je propose que nous nous tutoyons. A cause de la tournure que prend notre correspondance, j’ai eu quant à moi le tu qui venait. J’ai repris deux fois ma lettre sans compter les couches de correcteurs que tu vous voyez.

Vraiment, n’hésitez pas à m’écrire.

A défaut de pouvoir vous tenir dans mes bras pour vous réconforter, je vous embrasse.

Nicolas De Lap.

Published in: on Tuesday 25 July 2006 at 7:25 pm  Leave a Comment  

Lettre de la Confidente à Nicolas de Lap.

Mon cher Nicolas,

Ce début d’été est toujours douloureux pour moi. Si ma dernière lettre ne t’a pas plu, je m’en excuse. J’ai besoin de me confier à quelqu’un. Arrêtes-toi là si tu veux et fais semblant de m’avoir lu dans tes prochains courriers. Si toutefois notre correspondance continue.

J’ai pris un congé pour me noyer tranquillement dans toutes mes angoisses sans craindre le regard de mes collègues. Depuis trois jours, l’album photos de mes enfants ne me quittent plus. Je regarde sans entrain les matchs de la coupe du monde alors que j’adore le foot. C’est mon ex qui m’avait transmis le virus. Nous avions un abonnement à la saison de l’Olympique Lyonnais. Je n’ai pas très envie de regarder la finale ce soir. Le débordement médiatique me dégoutte.

Depuis notre séparation, la haine est entre nous. Sa virilité se concentrait sur une agressivité puis une violence verbale. Il m’en voulait d’avoir une meilleure situation et d’être meilleure que lui au boulot. Son ambition déçue tournait au syndrome d’échec. Comme il se cherchait un responsable, ce fut moi… Il est l’as de la mauvaise foi et de la culpabilisation. Il a réussi à me faire croire que j’étais une mère indigne.

Quand j’étais encore amoureuse, j’ai baissé les bras en le laissant partir avec les enfants. Quand j’essaye d’entrer en relation avec eux, il fait un barrage terrifiant. Quand je peux enfin leur parler, ils sont très froids. Il est capable de toutes les infamies pour me dévaloriser auprès d’eux. Cela fait trop longtemps qu’il s’en occupe pour que j’ai la moindre chance d’obtenir la garde. J’ai été trop lâche.

Aujourd’hui je ne sais plus à quoi ils ressemblent et cela me rend malheureuse… Cela vous change de l’image de femme battante de nos premiers courriers. Mon travail est devenu le seul exutoire de ma douleur. J’y suis intraitable mais juste!

Assez parler de moi, j’ai l’impression que vos affaires tournent pas trop mal si j’en juge par le nombre de clients. Votre cantatrice vient souvent accompagné du même homme. Elle a aussi l’air de piquer de plus en plus de crises. Elle ne ferait pas sa diva? Ceci dit sa voix est magnifique. On dirait l’envol d’un ange. Il y a aussi eu un jeune homme que vous avez reçu un moment en fermant votre boutique. Il était habillé n’importe comment mais je l’ai trouvé charmant. Ce n’avait pas l’air d’être un client? Je me trompe?

Observer votre boutique d’écriture est un vrai dépaysement. J’ai l’impression que vous vivez sur un autre rythme et que vous prenez le temps d’être avec vos clients. La vie vous traverse plus qu’elle ne glisse comme beaucoup d’entre-nous.

Merci de me lire ou au moins de me donner la chance de pouvoir m’écrire.

La Confidente qui se confie…

Published in: on Sunday 9 July 2006 at 4:37 pm  Leave a Comment  

Lettre de la Confidente à Nicolas

Cher Nicolas,

Je suis ravie que notre échange épistolaire puisse s'établir sur la durée. Vous êtes pas mal en pyjama. Cela a égaillé mon petit déjeuner.

Je me trompais peut-être en pensant que vous aviez peur d'être vous-même. Cependant, je n'étais pas loin de la réalité. Vous êtes recroquevillé derrière des barrières de protection, un camp retranché bien établi. Celui-ci vous empêche de ressentir mais surtout d'apprendre en vous jetant à l'eau. Les expériences forment la jeunesse même si les échecs toujours possibles voire nombreux sont douloureux. J'ose espérer que notre correspondance vous soit utile pour ouvrir votre coeur et écouter votre sensibilité.

Pour répondre à ta question plus personnelle, oui, je vis seule. Je n'ai ni mari, ni compagnon, ni amis, ni amies. La solitude engendre la solitude comme tu dois le savoir. En outre arrivé à un certain niveau de responsabilité professionnel, il y a plus d'intérêts que d'amitiés réelles. Sans compter la rivalité féminine qui est féroce!

J'ai deux enfants, Arthur, un garçon de 12 et, Julie, une fille de 7 ans. Le printemps foisonne de soleil et de fleurs. Ils me manquent le temps où je partageais les joies du jardin avec eux. Profitant d'un moment d'abattement, son père a obtenu la garde exclusive et a tout fait pour me décourager d'utiliser mon droit de visite.

Retrouverais-je le courage d'essayer de les voir? J'ai en mémoire la seule tentative où ils m'ont offert le glacial d'une falaise abrupte comme cadeau de Noël. Il n'y avait aucune aspérité à toucher ni aucune tentative de se rapprocher de moi. Son père a dû leur dire des choses insensés sur moi.

J'arrête de t'ennuyer. Je ne peux plus écrire. Je tremble de trop de larmes qui affleurent. Je vais prendre un somnifère pour avaler une nuit d'oubli.

Amitiés,

Ta confidente (enfin)

Published in: on Sunday 25 June 2006 at 7:55 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à la Confidente

Chère confidente,

Je suis déçu que nous ne puissions pas nous parler de vive voix mais je respecte votre choix. En recevant cette nouvelle lettre, vous comprendrez que j'ai résolu de continuer notre correspondance.

Vous vous trompez sur moi. Je crois que vous avez une vision romantique de l'être humain. De mon petit observatoire, je contemple quotidiennement les faux-semblants et les travers des êtres humains que nous sommes. Je persiste à dire que je suis vide et que je n'éprouve rien. La plupart du temps, le monde et surtout les gens qui m'entourent me sont indifférents. Totalement!

Vous dites que je n'oserais pas être moi-même à cause du regard des autres. Si vous saviez comment je m'en moques de leur regard. Non, vraiment, il n'y a rien qui m'émeut, si peu, au sens qui me mettrait en mouvement. Oui, je voudrais vivre un bel amour. Je voudrais frémir encore de ces premiers moments d'incertitude où l'on découvre l'autre avec des picotements au coeur, où le moindre sourire enivre d'espoir, où l'on se demande si l'attirance est réciproque. Je voudrais avoir connu ce qui déborde de la littérature.

Il y a quelques temps, je me suis figé -une déception amoureuse. Aimer quelqu'un qui ne voit rien de ce que vous êtes et qui vous utilises. Pour elle, le monde était divisé en deux catégories: ceux qui ont le pouvoir et ceux qui obéissent. Tout le reste n'était que mauvaise littérature. Je pense rétrospectivement qu'elle avait peur d'elle-même et de ses propres faiblesses. Cela ne cadrait pas avec l'image qu'elle voulait donner et surtout elle exécrait la faiblesse des autres, dont moi qui n'avait pas l'âme d'un battant. Je l'ai aimé aveuglément jusqu'à ce qu'elle m'ait poussé à la rupture. Je sens encore la violence de ce moment dans mon estomac qui se noue. Cruelle impasse.

Bien sûr, un sourire ou un mot gentil me désarçonne. Mais le doute m'envahit tout de suite et je passe mon chemin avant de tomber de haut. Je suis venu m'installer à Lyon, pour m'éloigner, pour retrouver un peu de sérénité, pour inspirer l'air d'autres possibles. Dans ma boutique d'écriture, je suis bien placé pour observer les mensonges et les lâchetés humaines dans ce domaine. Je désire parfois la femme d'un client, d'autres fois je trouve que la maîtresse n'est pas assez coquine avec son amant et je tente de l'entraîner vers de mots plus fous et plus érotiques. Cependant, je me garde bien de m'impliquer davantage et je me contente de vivre des petits frissons amoureux par procuration. Les séries télévisées, bien qu'américaines, ont parfois des éclairs du lucidité comme les désespérantes apparences de Desperate Housewives.

Regarder les aventures de ces femmes au foyer me conforte dans l'idée que je préfère cette solitude remplie de vacuité que vivre à deux d'une illusion d'amour. Au fait, connaissez-vous la solitude? Etes-vous marié ou en couple?

Recevez mon cordial bonjour à vous qui êtes si proche et si loin,

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 11 June 2006 at 8:29 pm  Leave a Comment  

Lettre de la Confidente à Nicolas

Cher Nicolas,

Je suis ravie que vous accordiez plus de crédit à mon offre. Pour mon habileté à négocier, vous avez vu juste car je travaille dans la finance où tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Je regrette de plus en plus de m'être laissé embarquer dans cet univers. Mais c'est une autre histoire que je vous raconterais peut-être.

Personne n'est vide, simplement on ne nous enseigne pas le courage d'être soi. Alors la moindre différence vis-à-vis des autres fait peur et conduit à embrasser la carrière d'être vide qui fait là où on lui dit de faire, qui se conforme à son milieu ou aux belles normes sociales de son pays. Si vous aimez endosser le rôle des autres, vous auriez dû faire comédien. Avez-vous fait du théâtre?

Je ne vous sens pas vide mais plutôt replié sur vous même avec l'angoisse de souffrir aux contacts des autres. C'est vrai que s'engager et s'émouvoir dans une relation comporte un potentiel risque important ainsi que des désillusions terribles au bout. Comme sur les cours de tennis à Roland-Garros, il faut savoir à la fois écouter son adversaire pour jouer avec, même si ici l'objectif est de le battre, et exprimer sa personnalité en variant son jeu. Il faut savoir aussi se dévoiler progressivement en fonction de l'attitude de l'autre, quitte à retirer ses billes en douceur quand cela tourne mal.

Je ne fais pas une analyse psychologique de bazar mais j'émets juste une hypothèse permettant de poursuivre le dialogue. Cette première confidence, et pas des moindre, me touche beaucoup. Merci de me dire si mon analyse est complètement fausse et de me donner votre point de vue.

Vous avez probablement raison sur le fait que la rencontre serait profitable à notre correspondance. Cependant cela ne sera pas possible pour moi et je ne souhaite pas me justifier.

J'espère vivement que nous pourrons continuer cet échange épistolaire.

votre (déjà?) et mystérieuse confidente

ps: j'aime mieux recevoir vos lettres sous forme manuscrite.

Published in: on Saturday 3 June 2006 at 4:05 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à la Confidente

Madame l'insistante confidente,

Vous avez l'art de souffler le froid puis le chaud. Vous devez être une redoutable séductrice et négociatrice dans votre activité professionnelle. Maintenant que vous proposez un mode de correspondance plus fascinant, puisque vous me voulez aussi comme confident, je suis intrigué et plus enclin à envisager de façon favorable votre offre. J'ai besoin d'y réfléchir.

Cependant je tiens à vous mettre en garde contre une image fausse que vous pourriez avoir de moi. Je suis quelqu'un d'assez banal qui s'ennuie sauf quand je fais l'écrivain public. J'ai du mal à m'intéresser au monde qui m'entoure. Je me sens à coté de la vie qui va. Derrière tout cela, il y a de nombreuses déceptions. Je préfère me glisser dans l'existence des autres en rédigeant leurs lettres. Comme un acteur, je me mets à leur place pour exprimer ce que mes clients sont et être le plus fidèle possible aux idées, aux sentiments ainsi qu'au message qu'ils veulent transmettre. Je me sens aussi exister quand je lis des romans loin du quotidien, comme par exemple en ce moment La Folie Forcalquier de Pierre Magnan, un polar historique bien suranné se baignant dans le paysage autour de la montagne de Lure…

La femme battante que vous êtes à plutôt intérêt à fuir l'homme vide que je suis.

Pour finir cette missive déjà trop longue, je pense qu'il me sera difficile de faire confiance à une totale inconnue. La réussite de votre projet passe, me semble-t-il, par une rencontre, au moins une. C'est d'autant plus énervant que vous me connaissez et pas moi.

Qu'en pensez-vous?

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 14 May 2006 at 9:25 am  Leave a Comment  

Lettre de la confidente à Nicolas De Lap.

Cher Nicolas,

Je suis déçue et surprise par la violence de votre réaction. Il me semblait avoir discerner chez vous un esprit curieux et prêt à se lancer vers l'inconnue…

C'est une double opportunité qui se présente à vous: d'une part mieux vous connaître car vous pouvez vous dévoiler sans risque, d'autre part essayer de séduire une femme grâce à l'aide de votre talent de plûme. Je vous engage à oser!

Pourquoi vous dirais-je tout de suite qui je suis? Faisons connaissance, apprivoisons-nous et ôtons peu à peu les lambeaux du masque… Car je sens que tout comme moi, vous vous abritez derrière un personnage. Questionnons et devinons au fil des échanges, n'est-ce pas plus excitant qu'un banal déballage de soi?

J'assume le coté insensé de ma démarche. Il n'y a guère qu'un brin de folie qui puisse parfois ouvrir d'autres perspectives sur la vie et sur soi…

Oubliez, s'il vous plaît, vos a-priori et continuons cette conversation qui, je vous le promets, sera animée et passionnante. Je vous assure qu'il ne s'agit pas d'une lubie passagère mais d'un vrai désir d'écouter et de parler de soi. Aujourd'hui, il n'y a qu'avec le psy qu'on puisse rencontrer ce genre de situation. On n'écoute plus de peur d'avoir à se livrer soi-même. J'ai aussi envie et besoin de dire ce que je ressens et ce qui m'affecte, surtout en ce moment.

Ayez le goût du risque, parlez moi de vous et de ce qui vous émeut ou de ce qui vous préoccupe par exemple.

Celle qui aspire de tout coeur à devenir votre confidente

Published in: on Thursday 4 May 2006 at 7:36 pm  Leave a Comment