Lettre de Mustapha à son fils

Cher fils, chers parents,

Je suis tout au bonheur de ma décision. Je vais venir te chercher Mohammed avant la rentrée des classes en France. J’ai reçu l’assurance que mon dossier de rapprochement familial était très bon. La réponse favorable ne ferait aucun doute. Mon optimisme naturel me conduit à prendre les devants. J’ai très envie de vous revoir tous. Tous les cadeaux que je veux vous faire s’accumule déjà dans l’appartement. Je salive déjà du tajine deSoumya et des lampées de vin rouge de là-bas. Que la fiesta soit grandiose, que la joie s’écoule de nos gorges, que nos corps dansent jusqu’à l’étourdissement…

Je prends l’avion dans quinze jours. Je devrais arriver très vite après la réception de ce courrier. Mohammed prend le strict nécessaire. Le poids des valises est de toute façon limité. Et puis je veux avoir le plaisir de t’offrir des vêtements en France. Tu pourras décorer ta chambre comme tu veux. Je te promets que tu ne manqueras jamais de rien.

Ces derniers jours, je n’arrête pas de parler de toi autour de moi. Mes employés t’attendent avec impatience. Ils me taquinent en me disant que je serais mon terrible quand tu sera là… Mes fidèles clients sont aussi très curieux de faire ta connaissance. Les femmes me traitent de grand cachottier (c’est quelqu’un qui cache quelque chose aux autres). Ils m’encouragent tous à ne plus reporter mon projet. Ils se moquent tous de moi tellement je ne tiens plus en place tout à mes préparatifs et à mon envie d’être avec vous.

A très bientôt

Je vous embrasse.

Mustapha El-Y

PS de l’écrivain public: Je suis aussi très curieux de te connaître Mohammed.

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Published in: on Tuesday 21 November 2006 at 6:31 pm  Leave a Comment  

Lettre à l’écrivain qui m’a bouleversé

Cher écrivain,

Sur les conseils d’un ami, je me plongeais sans attente particulière dans votre dernier livre. Au bout de quelques pages, je sentais naître une étrange connivence avec le personnage principal. Les moments de lecture devenaient de vrai aspiration dans un monde parallèle. Ma respiration suivait le rythme des phrases. Ma gorge restait sèche dans les moments intenses. J’ai relu plusieurs fois certains passages. Des chapitres me laissaient immobiles et rêveurs. J’ai pleuré dans ce drame qui me ressemblait tant.

Pendant quelques jours, je n’ai plus ouvert le livre. Je faisais de la résistance à cause d’une scène qui m’a choqué. Sa vérité intime s’est propagée en moi dans un écho si violent… Je voulais vous punir de me connaître autant. Je trouve que vous avez su trouver les situations justes et les mots soyeux pour adoucir la réalité. Jusqu’à maintenant, j’avais honte et j’aurais voulu ne jamais avoir vécu cela. Grâce à votre livre, je m’accepte un peu mieux.

Je vous en remercie infiniment.

ZD

Published in: on Thursday 26 October 2006 at 5:21 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas de Lap. à Nathalie

Madame Nathalie J. (premier amour de Jacques)

Je vous écris pour vous annoncer une très mauvaise nouvelle: Jacques est décédé dans un accident de voiture vendredi soir dernier. Il devait certainement se rendre chez vous.

A ma grande surprise, il m’a fait légataire de tout son fond de commerce autour des objets d’écriture. En me rendant chez lui à ce propos, j’ai donc trouvé votre lettre.

Je suis sous le choc. Nous nous apprécions bien que notre rencontre fut assez récente. J’ai été plusieurs fois son confident. A ce titre, j’ai suivi indirectement vos retrouvailles. Je peux vous affirmer qu’après des moments d’abattement il partait plein de joie pour ce week-end chez vous. A sa demande, il fut incinéré. Son urne est en ma possession.

Si vous en êtes d’accord, nous pourrions disperser ensemble les cendres sur la montagne de Lure. C’est un lieu qu’il affectionnait particulièrement. Je crois qu’il y reposerait heureux.

En outre, je suis disposé à vous donner ses objets d’écriture plutôt que revendre tout son fond. J’ai aussi son journal intime. Il m’avait dit de vous le donner en cas de malheur.

Je suis de tout coeur avec vous.

Avec toutes mes condoléances,

Nicolas De Lap.

Published in: on Monday 23 October 2006 at 4:52 pm  Leave a Comment  

Lettre de Roger à Nicolas De Lap.

Cher Nicolas,

J’ai pas vu passer le temps depuis mon dernier courrier. Au boulot c’était pas la joie avec des incertitudes et quelques semaines de chomage technique. A la maison c’était pas mieux. Nathalie boudait et refusait de parler. Genre ambiance grand froid avec deux ou trois phrases échangées par jour. Du coup, j’étais complètement à l’ouest. Je courrais davantage et je me barrais de la maison autant que possible. Impossible de… Voilà, c’était un fichu statu quo…

Un de ses soirs où je vois la vie comme un couloir noir et terrible -tu me connais assez pour voir ce que je veux dire-, j’ai tout balancé façon grande scène mélo d’un film. Je lui ai carrément dit qu’on devait se quitter car je comprenais plus rien à notre vie. Elle a rajouté une couche sur ma faible quantité de neurones et mon insensibilité. J’ai dit d’autres conneries bien senties sur son attitude méprisante envers les gens bêtes et autres trucs dans le genre. Je te passe la mauvaise foi réciproque qui a suivi. Je sentais monter en moi des envies de frapper pendant qu’elle en rajoutait avec notre histoire qui était une erreur. Puis elle s’est arrêtée net en me voyant m’approcher. Il y a eu un silence bizarre. On était gêné tous les deux et on savait plus quoi dire.

Au bout d’un moment, Nathalie m’a dit qu’elle avait failli me tromper. Quelqu’un qu’elle avait rencontré au cours de danse. J’étais KO. Il s’était rien passé finalement. Elle était pas fière mais voulait pas s’excuser. Elle dit qu’elle avait eu besoin de sentir que c’était possible. Elle voulait encore pouvoir séduire. Elle voulait se sentir exister grâce à d’autres. Selon elle, la vie de couple nous a transformé en deux vases avec des fleurs miteuses.

Même si tu imagine le pire, cela m’a secoué. Je lui ai dit qu’on avait eu du bon temps, que j’avais été heureux avec elle et que je l’avais aimé. Il fallait donc se quitter. C’est moi qui allait partir de la maison. En un regard, j’ai compris que j’avais faux. Elle a rit et pleuré en même temps pour me dire que j’avais pas été aussi tendre depuis longtemps. Je te passe le reste de la discussion et des bonnes résolutions pour notre futur. J’ai l’impression qu’on repars sur les chapeaux de roue. Elle vient courrir avec moi et je regarde avec elle des films un peu prise de tête. Elle m’explique un peu et des fois je suis scotché tellement cela me plaît.

Je vais aussi changer de boulot. Le secteur de l’imprimerie est en perte de vitesse à Montpellier, tôt ou tard il y aura du dégat. Je prends les devants pour faire fonctionnaire à la bibliothèque. Avec l’association des bibliothécaires français, je fais une formation d’agent du patrimoine pour faire les tâches chiantes d’enregistrer les livres dans l’ordinateur, de ranger et de couvrir les livres. J’aime bien l’ambiance des bibliothèques.

Je suis sur le cu que tu ais fait le premier pas vers ta confidente. Il faut conclure maintenant. C’est pas toujours facile. Pour ton voyage au Mali, je sais pas quoi te dire. Pourquoi t’irais pas voir un psy? Si t’arrives pas à l’oublier, il faut trouver un moyen de vivre avec ou de l’évacuer. Je sais que c’est facile à dire.

Pour terminer, je voulais aussi te dire qu’avec Nathalie, on projete de venir à Lyon pour début décembre. On a décidé de se faire des voyages à deux. En plus on a envie de voir notre parrain. Qu’en dis-tu?

Amitiés de nous deux.

Roger

Published in: on Wednesday 18 October 2006 at 4:04 pm  Comments (2)  

Lettre à un disparu

Cher disparu,

J’aimerais être sure que tu es mort. L’enfer de ton absence incertaine est étouffant. Je brûle à chaque instant de te retrouver. Seras-tu le même où totalement un autre? La mort est une plaie franche qui peut cicatriser avec le temps. Mais là, tes enfants te croient partis pour un long voyage dont on ne connaît pas la date de retour. Tel un culbuto, j’oscille entre le deuil et l’espoir.

J’aurai dû me méfier de la fascination qu’exerçait sur ton cette côte rocheuse. L’exaltation permanente quant tu partais prendre ton quart sur le phare aurait dû m’alerter. Je repense surtout à ces silences angoissants lors de certaines journées de repos. Les enfants devenaient nerveux. Tes yeux semblaient toujours attirer par la même direction.

Si tu savais combien j’ai erré au milieu de ces îlots à ta recherche. Je voudrais tellement faire cesser les rumeurs absurdes autour de ta disparition. Reviens, je t’en supplie!

Ta femme.

Published in: on Sunday 15 October 2006 at 5:47 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Joel Aub.

Mon cher Joel,

Je suis désolé de ne pas avoir pu vous répondre plus tôt mais j’étais parti en voyage au Mali. Comme ma tentative de vous joindre par téléphone à Lyon fut vaine, j’en ai déduis que vous étiez encore à la campagne chez Sylvie G. J’en suis ravi et j’espère que ce séjour apaise vos angoisses d’amnésique.

Votre courrier m’a touché de manière innattendue. Même quand on s’en souvient le passé peut réserver de douloureuses surprises. J’ai passé mon enfance au Mali jusqu’à l’âge de 12 ans. Mes parents ont dû s’en aller dans des circonstances qui ne m’ont jamais été expliquées. Cette partie du passé est demeurée une sorte de brouillard où erre de joyeux souvenirs au milieu d’un champs de ruine. Le mutisme de mes parents sur cette période me fait encore trembler d’un terrible secret. Ce que j’ai découvert est tout à la fois banal et étrange: mon père a eu une aventure avec une femme peul qui est morte dans d’étrange circonstance. Il n’est pas responsable de ce drame. Ce fût juste l’occasion pour ma mère de découvrir la trahison de mon père. Le second mystère incompréhensible, c’est pourquoi ils ne se sont pas séparés. Il est trop tard pour que je puisse leur demander. En rencontrant mon passé, j’ai aussi pris conscience que les souvenirs de chacun sur le même évènement sont toujours différents, radicalement parfois. Mes anciens m’ont figé dans une image qui les rassure. Je me suis senti mal dans leur passé qui n’est pas le mien. Quant aux périodes floues, ce que j’ai entendu s’oppose violemment à mes vagues impressions.

La vie n’est-elle pas aussi dans les rêves? Est-ce si important pour vous de savoir si votre rêve se souvient de la réalité? Je pense maintenant qu’il faut reconstruire son passé à partir de ses souvenirs et peut-être de ses rêves. Il n’y a pas de vérité du passé. J’ai l’impression que la mémoire passe au tamis de nos émotions d’aujourd’hui les évènements anciens. Peut-être qu’à trop courir son passé comme dans votre rêve, on n’est plus rien. Les souvenirs ont parfois tendance à nous rendre prisonnier de choses révolues.

Seulement sans son passé, on ne sait plus d’où l’on vient ni qui on est. Je ne peux décider de l’importance que vous accordez à votre passé. C’est à vous de voir comment le reconstruire dans cette frontière imprécise entre la vérité et l’invention plus ou moins forte.

En ce qui me concerne, j’aspire à tuer définitivement mes fantômes et à reconstituer un passé le plus proche de mes souvenirs même imprécis. Tel un romancier, je vais combler les manques.

N’hésitez pas à m’écrire ou à venir me voir. Cela sera toujours avec plaisir.

Recevez mes plus cordiales salutations,

Nicolas De Lap.

Published in: on Friday 13 October 2006 at 2:49 pm  Leave a Comment  

Lettre premier amour, Nathalie à Jacques

Cher premier amour, Jacques,

Je suis inquiet de ne pas avoir de tes nouvelles. Nous devions nous voir ce week-end. Lors de notre dernier coup de fil, tout allait bien. Tu étais un peu distant mais tu n’as pas décommandé. J’espère que tu aurais eu ce courage.

Je m’excuse si je t’ai blessé de quelque manière. Je voulais être honnête avec toi.

La tempête qui a traversé la France il y a quelques jours m’a fait réfléchir. La vie est trop fragile pour s’enfermer dans un orgueil d’indépendance. Je suis maintenant certaine de vouloir m’engager dans une nouvelle histoire avec toi. Tu te demande certainement pourquoi. En fait, je ne veux pas finir avec que des regrets, comme une vieille fille timide qui n’a jamais rien osée. Je ne veux pas me retrouver plus tard en n’ayant jamais osé me mettre en danger d’aimer. Je veux apprendre à aimer, à t’aimer.

Je t’en prie ne me laisse pas sans nouvelles. Même si tu ne veux plus de moi, téléphone ou écris!

Avec toute ma tendresse,

Nathalie

Published in: on Sunday 8 October 2006 at 3:19 pm  Leave a Comment  

Lettre de La Condidente à François D.

Cher François,

Suite à notre discussion chez Mustapha, je crois que vous êtes un nomade, un homme qui a besoin d’inconnu sinon il étouffe sur place. Votre regard perçant saisit la beauté des choses, le coeur des êtres mais aussi tous les cris engloutis, les mesquineries et les hypocrisies. Au bout de quelques temps vous n’êtes que rancoeur et agressivité tel un bête prise dans un piège. Vous n’avez pas besoin de changements et de rencontres pour vous découvrir vous même. Je vois un être blessé qui cherche à comprendre pour se faire comprendre. S’il vous plaît oubliez ses petites hésitations et partez vers l’horizon. Evitez simplement les zones en crise comme le Proche-Orient ou en d’Afrique (Darfour ou autres)

J’ai beaucoup aimé le ton de votre lettre et votre style. Vous êtes un joueur de mots et d’idées. Pensez à faire écrivain. Vous devriez peut-être rédiger un carnet de voyage. J’adorerais le lire au retour. En tout cas continuez à m’écrire.

Nicolas vient de rentrer de son voyage au Mali. J’ai vu dans ces yeux errer les fantômes du passé. Leurs reflets ne sont pas encore complètement effacés. Il n’ose en parler avec moi. Il reste des plaies à vif. Il dit que c’était bien son dernier voyage là-bas. L’autre soir, il se dégageait de lui une telle fragilité qu’on aurait dit qu’il était sur le point de tomber… Je me sentais un peu démunie et je voulais éviter l’ambiguïté de le prendre dans mes bras. Peut-être vous en écrira-t-il plus qu’il ne m’en a dit.

C’est vrai qu’il est séduisant et plein de qualités. Il m’attire et c’est la raison pour laquelle j’ai eu le culot de commencer un échange épistolaire avec lui. Aujourd’hui c’est moi qui hésite et lui qui me cours après. Nous sommes dans le scénario classique de la rencontre amoureuse. Je vois bien sa mine enjouée quand je passe le voir. Je vois bien ses sourires quand je lui parle. J’entends bien ses frémissements quand je lui fait la bise. C’est moi qui ne sait plus très bien où j’en suis avec la demande de visite pour mes enfants et puis… je vous ai rencontré. Vous m’aviez déjà intrigué et tapé dans l’oeil lorsque vous étiez passé dans la boutique d’écriture de Nicolas.

Vous me fascinez et faite résonner en moi de profondes musiques. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour mieux faire connaissance. Ecrivez-moi! Parlez-moi de vous! L’amour fleurira ou s’étiolera des graines de mots échangés.

Très chaleureusement,

Léa dite La Confidente

Published in: on Friday 6 October 2006 at 2:14 pm  Leave a Comment  

Lettre premier amour, Nathalie à Jacques

Cher Jacques,

Nous avons vécu deux belles soirées à Lyon. J’ai beaucoup apprécié la complicité qui s’est installée. Je dois te dire que je n’avais pas connu cela depuis longtemps. Comme toi, je garde un fulgurant souvenir des quelques caresses échangées. J’ajoute qu’elles restent précieuses car nous n’avons ni l’un ni l’autre basculé dans le désir charnel.

J’ai peut être été un peu expéditive quand je t’ai dis que tu n’avais pas changé. J’avoue que je n’ai pas réussis à bien te comprendre, à mieux saisir qui tu es, qui est mon premier amour. C’est rare. Les hommes, je les cerne assez vite en général. D’où mes moments d’absence, j’étais perplexe.

J’ai donc besoin de temps pour te connaître et pour envisager une suite. Je ne veux pas être comme les candidats à l’élection présidentielle qui ont tenus ce week-end de beaux discours aux chercheurs. Je ne veux rien te promettre pour l’instant. J’aime t’avoir retrouver, j’aime être avec toi, j’aime ce que je connais de toi. Est-ce suffisant pour construire une vie commune? Et il y a ces points d’ombre en toi que j’aimerais éclaircir.

A très bientôt.

Je t’embrasse fort.

Nathalie

Published in: on Monday 2 October 2006 at 5:43 pm  Leave a Comment  

Lettre de Simone Lebarbu à Nicolas De Lap.

Cher M. l’écrivain public,

Je vous écris car je suis très inquiète pour Jean Lebarbu, mon mari. En effet, une menace de licenciement pèse sur ses épaules suite à une bévue, des contrats mal rédigés. Son patron est très mécontent. Du coup, ses congés estivaux ont été supprimés. Il attend qu’on statue sur son sort. Cette situation l’a atteint plus qu’il n’ose le dire. Je pense qu’il fait une belle dépression sans le savoir. Il se pose beaucoup de questions, certaines inutiles et absurdes.

Il faut dire que j’ai été dure avec lui à propos de l’illusion de cette promotion qui nous a éloigné. A force de ne vivre que pour travailler, les conditions de l’accident sont réunies soit que l’on fait soi-même l’erreur soit qu’un collègue aux dents plus longues vous tende un piège. Viens le moment où le miroir se brise au milieu du vide de son existence. No way comme il dit dans son franglais professionnel.

Il est en outre jaloux de ma copine de boulot Noémie. Comme je n’ai pas voulu venir m’enterrer à Lyon pendant mes vacances -j’ai besoin des mes journées de plage pour refaire le plein d’énergie-, et que j’ai passé pas mal de temps avec Noémie car elle avait pris ses congés en même temps, il nous imagine amantes… Tout cela parce que nous avons regardé ensemble la série L World, qui met en scène la vie de lesbiennes. C’est idiot. Ce n’est pas notre genre, ni à l’une ni à l’autre. C’est vrai que ces vacances nous ont rapprochées et nous avons une vraie complicité d’amies mais cela ne va pas plus loin. La fatigue le rend paranoïaque.

Mes congés sont terminés et je ne peux malheureusement pas venir le rassurer en personne. Pour causes d’effectifs très réduits, l’hôpital ne me laissera pas repartir pour l’instant. J’aimerais que vous le fassiez à ma place. J’aimerais que vous l’aidiez autant que vous pouvez et de la manière qui vous paraîtra la plus adéquate. Faites-le sortir de l’engrenage du boulot: cinéma, théâtre, soirée karaoké,… Il faut qu’il se change les idées. C’est ce qu’ils suggèrent dans un livre emprunté sur la dépression à la bibliothèque. J’ai peur que son état empire si on ne fait rien. En plus, il refuse de me parler au téléphone. J’ai la hantise qu’il fasse une bêtise. Je suis prête à prendre en charge des frais si nécessaire.

Dites-moi si vous êtes d’accord ou si cela vous gêne. Il me semble que vous êtes actuellement la personne la plus proche de lui.

Je compte sur vous.

Avec tout mon espoir,

Simone Lebarbu

Published in: on Saturday 30 September 2006 at 10:02 am  Leave a Comment