Lettre de Roger à Nicolas De Lap.

Cher Nicolas,

J’ai pas vu passer le temps depuis mon dernier courrier. Au boulot c’était pas la joie avec des incertitudes et quelques semaines de chomage technique. A la maison c’était pas mieux. Nathalie boudait et refusait de parler. Genre ambiance grand froid avec deux ou trois phrases échangées par jour. Du coup, j’étais complètement à l’ouest. Je courrais davantage et je me barrais de la maison autant que possible. Impossible de… Voilà, c’était un fichu statu quo…

Un de ses soirs où je vois la vie comme un couloir noir et terrible -tu me connais assez pour voir ce que je veux dire-, j’ai tout balancé façon grande scène mélo d’un film. Je lui ai carrément dit qu’on devait se quitter car je comprenais plus rien à notre vie. Elle a rajouté une couche sur ma faible quantité de neurones et mon insensibilité. J’ai dit d’autres conneries bien senties sur son attitude méprisante envers les gens bêtes et autres trucs dans le genre. Je te passe la mauvaise foi réciproque qui a suivi. Je sentais monter en moi des envies de frapper pendant qu’elle en rajoutait avec notre histoire qui était une erreur. Puis elle s’est arrêtée net en me voyant m’approcher. Il y a eu un silence bizarre. On était gêné tous les deux et on savait plus quoi dire.

Au bout d’un moment, Nathalie m’a dit qu’elle avait failli me tromper. Quelqu’un qu’elle avait rencontré au cours de danse. J’étais KO. Il s’était rien passé finalement. Elle était pas fière mais voulait pas s’excuser. Elle dit qu’elle avait eu besoin de sentir que c’était possible. Elle voulait encore pouvoir séduire. Elle voulait se sentir exister grâce à d’autres. Selon elle, la vie de couple nous a transformé en deux vases avec des fleurs miteuses.

Même si tu imagine le pire, cela m’a secoué. Je lui ai dit qu’on avait eu du bon temps, que j’avais été heureux avec elle et que je l’avais aimé. Il fallait donc se quitter. C’est moi qui allait partir de la maison. En un regard, j’ai compris que j’avais faux. Elle a rit et pleuré en même temps pour me dire que j’avais pas été aussi tendre depuis longtemps. Je te passe le reste de la discussion et des bonnes résolutions pour notre futur. J’ai l’impression qu’on repars sur les chapeaux de roue. Elle vient courrir avec moi et je regarde avec elle des films un peu prise de tête. Elle m’explique un peu et des fois je suis scotché tellement cela me plaît.

Je vais aussi changer de boulot. Le secteur de l’imprimerie est en perte de vitesse à Montpellier, tôt ou tard il y aura du dégat. Je prends les devants pour faire fonctionnaire à la bibliothèque. Avec l’association des bibliothécaires français, je fais une formation d’agent du patrimoine pour faire les tâches chiantes d’enregistrer les livres dans l’ordinateur, de ranger et de couvrir les livres. J’aime bien l’ambiance des bibliothèques.

Je suis sur le cu que tu ais fait le premier pas vers ta confidente. Il faut conclure maintenant. C’est pas toujours facile. Pour ton voyage au Mali, je sais pas quoi te dire. Pourquoi t’irais pas voir un psy? Si t’arrives pas à l’oublier, il faut trouver un moyen de vivre avec ou de l’évacuer. Je sais que c’est facile à dire.

Pour terminer, je voulais aussi te dire qu’avec Nathalie, on projete de venir à Lyon pour début décembre. On a décidé de se faire des voyages à deux. En plus on a envie de voir notre parrain. Qu’en dis-tu?

Amitiés de nous deux.

Roger

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Published in: on Wednesday 18 October 2006 at 4:04 pm  Comments (2)  

Lettre de Nicolas De Lap. à Roger

Cher Roger,

Je suis au Mali. Ce lieu de mon enfance dont je refusais de parler. J’y suis retourné avec le désir de faire le deuil de mon passé. Je veux retrouver des repères tangibles. Je promène mon regard sur des lieux et des gens. Je me sens en suspend dans ma vie. Je flotte entre deux eaux ne sachant plus où se trouve la surface. Il y a des souvenirs qui vacillent, fragile illusion d’un paradis immuable. Il y a des souvenirs qui s’enfuient. Est-ce que j’aurais la courage de
reconstruire une vérité, une force où mettre mes pas?

J’ai retrouvé de vieux amis. Ils me voient encore comme cet enfant timide. Ils veulent rassurer leur propre angoisse de mort. Je les laisse voguer sur la vague des anecdotes. Je thésaurise ainsi quelques images de moi. Parfois, j’y retrouve les actions mais pas l’émotion que j’ai sentis. C’est comme voir un film avec l’image mais sans le son. On comprend ce qui se passe mais il manque quelque chose pour vivre au rythme des acteurs.

J’ai revu ma maison. Elle est habitée par un officier américain très obtus et visiblement paranoïaque. Celui-ci a refusé de me laisser entrer. Je me suis cherché quelques heures dans son ombre. J’ai guetté les reflets sans y trouver la moindre poussière de moi.

Je t’écris de la terrasse de l’hôtel où je sors d’une sieste terriblement angoissante. Le but de cette lettre était de ne plus laisser tourner en boucle toutes ces questions. Ce n’est pas très réussi pour l’instant. Parlons d’autre chose!

Je sens grandir l’amour en moi pour ma confidente, Léa. Tu serais content de savoir que je l’ai abordé. En fait c’est François D., le chômeur qui lui a parlé le premier lors d’un repas chez Mustapha. Il venait de m’annoncer sa décision de faire un tour du monde. J’ai tenté de le dissuader mais il a tenu le cap. Je lui ai fait part de mes soupçons quant à l’identité de la confidente. En plus elle est passé chercher un couscous à emporter. Comme il n’avait plus rien à perdre, avec son départ et tout le reste, il est allé vers elle. La Confidente était gênée et fuyait autant que possible mon regard.

Plus tard, je l’ai croisé dans la rue l’air ailleurs. Je l’ai interrompu dans ses pensées en lui parlant du restaurant puis je lui ai demandé si c’est à ses enfants qu’elle pensait… Après quelques secondes de stupéfaction, elle a acquiescé. J’ai vu son visage se défaire. Nous avons changé de sujet. A la fin, elle m’a demandé des nouvelles de François D. Je lui ai répondu qu’il devait partir dans trois ou quatre jours. En partant, je lui ai fait la bise. Elle m’a sourit. Je suis sûr que tu n’en reviens pas de cette seconde audace. J’aime son mélange de force et de fragilité. Je sens une grande tendresse en elle. J’aimerais qu’elle soit ici pour me tenir dans ses bras. Léa saurait peut-être redonné du sens à ce qui m’arrive.

Mon séjour se termine dans une semaine. Je n’ai pas encore fait le plus douloureux. Revoir sa tombe. Mes pensées se brouillent encore quand je pense à ce qui est arrivé. La vie qui va paraît soudain futile face à certains drames. J’aimerais tellement trouver un explication. Existe-t-elle?

Tu ne m’as pas écris depuis très longtemps. Donnes-moi quelques nouvelles, même brèves.

Avec toute mon amitié,

Nicolas De Lap.

Published in: on Thursday 28 September 2006 at 5:27 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Roger

Cher Roger,

A Lyon, la chaleur est accablante comme partout ailleurs. Je suis passé au rythme espagnol: mes horaires de l’après-midi sont décalés vers la soirée. Du coup, j’ai enfin revu Thérésa, l’une de mes fidèles clientes. Elle est chanteuse d’Opéra et le planning des répétitions ne lui permettaient plus de passer. Elle vient d’Argentine où est resté son mari français qui est peintre. Elle a donc besoin de moi pour lui faire des mots doux… Thérésa s’est dite ravie de me revoir. Mais avec son tempérament lunatique, je me méfie. Elle se régale des mots français que je peux lui apprendre. C’est devenu un jeu entre nous.

Cette fois nous avons terminé assez vite la lettre à son mari. J’ai cru un instant qu’elle allait se confier à moi. Thérésa a juste répété plusieurs fois son ras-le-bol de la situation présente et le désir de tout plaqué. Repartir à zéro ou refaire sa vie semblent être ses illusions du moment. Puis elle a soupirée, comme une femme amoureuse…

Je suis en train de tomber amoureux moi-aussi. Pas d’elle, non, Thérésa est une femme bien trop insaisissable. Non, c’est pour la confidente que je commence à frémir. Depuis plusieurs semaines que j’espionne mon voisinage, car elle m’a fait comprendre qu’elle vivait près de chez moi, je crois avoir repérer son visage… et je craque.

J’aimais le rythme de ses phrases et ce mélange force/fragilité, j’aime maintenant son corps et son visage même si je ne la connais pas encore assez. J’hésite à l’aborder.

J’entends déjà ta voix qui me hurle: fonce! Comme elle déprime très fort en ce moment à cause de ses enfants, je me refuse à n’être que l’infirmier de passage, à l’écoute et gentil. Je veux être plus que cela. Je fais durer le plaisir de l’approche.

En plus, je pars en vacances dans quelques jours. Je retourne au Mali, caresser le fleuve avec l’ombre de ma main. Je retourne écouter les peuls. Cela fait cinq ans que j’y pense et que je rêve de revoir le village. J’ai enfin quelques sous. Je dois y aller. Il n’y a pas eu d’adieu. J’ai besoin de ce retour en solitaire pour faire mon deuil. Enfin j’espère… Ma gorge se noue toujours à cette évocation.

Je revois tout à l’heure François D., ce chômeur qui s’est fait larguer par sa femme. J’ai eu tellement de scrupules d’avoir rédiger la lettre de rupture pour sa femme que je lui ai fait une lettre personnelle pour essayer de le réconforter. Il est beau gosse. Sa femme l’a quitté pour un gars assez quelconque. Je crois que nous allons devenir ami. Nous partageons certaines opinions et des centres d’intérêt mais nous nous sommes aussi disputés sur certains sujets avec force arguments et mauvaise foi.

Il veut m’annoncer un projet important. François veut quitter son lamento de chômeur pour une nouvelle vie. Je suis assez curieux car c’est un esprit brillant.

Donnes-moi de tes nouvelles! Cela fait des lustres que tu ne m’as pas écris. Est-ce que ta relation avec Nathalie s’est détendue?

Avec toute mon amitié,

Nicolas De Lap.

Published in: on Friday 28 July 2006 at 5:11 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas de Lap. à Roger

Cher Roger,

Il y a des lettres que je ne souhaiterais ne pas avoir à transcrire mais tu ne peux jamais savoir à l'avance.

La démarche du client était inhabituelle. En effet, il voulait plus des conseils de rédaction et d'organisation concernant une lettre déjà presque terminée. Je crois surtout qu'il avait besoin d'en parler à quelqu'un d'extérieur. Je dois être moins cher qu'un psychanalyste.

La situation est somme toute assez banale: son ex-femme tente de renouer avec lui sans vraiment l'assumer et le dire. J'ai l'impression que ce fût pour mon client l'occasion de tourner définitivement la page. Après moult discussion, il a accepté que nous reprenions tout à zéro.

J'espère avoir traduit la sécheresse de sa voix et la mure détermination qui animait son corps athlétique. Il me faisait l'effet d'un Mathieu Kassovitz dans Un Héros très discret. Après la relecture, nous avons parlé de sa femme actuelle, "joyeuse comme un jour d'été" a-t-il dit. Il m'a laissé la lettre de son ex-femme. J'abandonne tout mon passé…

Cette impossibilité de renouer, cette absence d'une seconde chance, cette fin de non-recevoir m'ont atteind plus que je ne pensais.

Savoir que moi aussi, je suis au-delà d'un possible retour en arrière contribue à faire bouillir davantage la marmitte de ma solitude. L'autre jour, j'ai eu beau échanger quelques sourires avec une jolie fille dans un bar, ma timidité d'adolescent a resurgis et puis j'ai fuis.

Est-ce que nous grandissons un jour?
Est-ce que nous finissons par savoir qui nous sommes?

Je te laisse sur ces considérations un peu trop existentielles mais qui reflète mon état d'âme du jour.

Avec toute mon amitié,

Nicolas de Lap.

Published in: on Saturday 27 May 2006 at 6:46 pm  Leave a Comment  

Lettre de Roger à Nicolas De Lap.

Mon cher Nicolas,

Voilà plusieurs jours que je voulais te répondre. Cette semaine je n'ai plus d'excuses car Nathalie est partie à son marathon tango annuel. Et les enfants préfèrent être chez grand-mère, surtout en ce début de belle saison, le bord de mer est le seul terrain de jeu qui les extirpe de la télé et autres playstations. Alors je suis vraiment seul. Ils n'aiment pas trop rester avec moi de toute façon. Faut dire que je ne suis pas le paternel le plus chaleureux du monde.

Je ne sais pas comment faire avec eux. Je me trouve maladroit et ridicule quand je décide d'être affecteux ou de m'amuser avec eux. Ringard, c'est leur qualificatif qu'ils me donnent gentiment.

Seul donc dans la maison de Montpellier, je me paie un joli cafard, aucun pote à l'horizon qui soit disponible, aucun match de foot digne d'intérêt ce soir, sans compter les lâcheurs qui ont fuit le Sud. En plus j'écoute Porz Gwenn de Didier Squiban, plutôt le genre de morceaux à te donner le blues.

J'appréciais bien nos soirées à parler pour ne rien dire -quoique…-, juste le verre à la main.

Cela ne va pas fort avec Nathalie en ce moment. Je ne comprends pas pourquoi. Je sens bien que chacun fait des efforts de son côté. Est-ce que l'usure va finir par réduire en miettes notre amour? Quant à toi, tu ne devrais pas rester seul, trouves toi une gentille fille pour te réchauffer et te rassurer. Je sais que ton passif ne t'incite pas à revivre une histoire d'amour mais plus tu attends plus ton naturel timide te bloquera. Et même si ce n'est pas encore la femme de ta vie que tu croises, profite pour avoir de bons moments! Tu vois, c'est ce que je me dis pour Nathalie, même si on casse, il y a tous ces instants heureux que l'on aura vécu.

J'hésite entre me mettre devant la première connerie télé trouvée en zappant sur les chaines satellites et finir le polar de Pierre Magnan, Les courriers de la mort.

Je pense que je vais avoir du mal à m'endormir… Ne t'inquiètes pas, je vais tenir ma promesse de ne pas trop boire.

J'arrête là mes jérémiades.

Amitiés,

Roger

Published in: on Monday 1 May 2006 at 12:01 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Roger

Cher Roger,

Parmi les démarches administratives, l'activité d'écrivain public me réserve quelques surprises. Celle que je vais te raconter est fascinante et étrange.

Cet après-midi, le temps d'hiver était bien installé avec chutes intermittentes de neige et brouillard. Un homme à l'air hagard est entré dans ma boutique d'écriture. Avec son allure et sa tenue, j'ai cru à un clochard égaré et souhaitant se réchauffer. Alors que je le raccompagnais, il m'a sorti un billet de 50 Euros.

Bien que parfaitement audible, son discours était décousu, plein de silences et plutôt bizarre. Il prétend être amnésique et voulait écrire à quelqu'un qui devrait le sauver comme il dit. Sa démarche avait l'air réfléchi puisqu'il connaissait mes tarifs. A force de le questionner et de mettre de l'ordre dans ses mots, j'ai pu lui rédiger son courier: l'histoire incroyable d'un homme qui se réveille un matin sans le moindre souvenir. Dans son appartement -dont il n'est plus sûr que cela soit le sien!- il y avait l'équipement d'un photographe professionnel et une photo comportant un nom ainsi qu'une adresse… Après la relecture de la missive destinée à cette personne, il pleurait de joie.

C'est assez inquiétant d'être confronté à ce genre de situation. Tu as beau le croire sincère, le doute revient à plusieurs reprises: est-ce qu'il ne serait pas totalement fou? L'angoisse creuse tout à fait l'estomac quand tu le vois disparaître dans le brouillard. J'avais le sentiment d'être dans un livre de H.P. Lovecraft. Le vent sournois et un horizon humide entretiennent l'impression d'irréalité.

Cela l'a sacrément bouleversé en tout cas. Il m'a raconté avoir arpenté pendant plusieurs jours les rues de Lyon en espérant croiser quelqu'un qui le reconnaîtrait. Le thé au jasmin que je lui ai fait boire semblait lui rappeler quelques choses. Il serrait les dents pour se souvenir.

Je ne souhaite cela à personne. Est-ce que tu as déjà entendu des cas semblables? Normalement, je devrais le revoir car il a fait adresser la réponse ici. Il n'arrive pas encore à lire…

Donnes-moi de tes nouvelles.

Avec toute mon amitié,

Nicolas De Lap.

Published in: on Tuesday 4 April 2006 at 8:38 pm  Leave a Comment  

Lettre de Nicolas De Lap. à Roger

Salut Roger,

Me voici installé depuis quelques semaines dans cette grande ville de Lyon. Je suis à quelques pas de l’Opéra dans une zone populaire et animé.

Je fais l’écrivain public, un de mes rêves parmi d’autres, si tu te souviens de nos discussions acharnées.

J’ai quitté Montpellier pour les raisons que tu sais, trop de déceptions et trop d’impasses dans cette cité, ce grand sucre d’orge synthétique. Comme au cinéma, il n’a que du vent derrière ces décors en trompe l’oeil. J’étouffais. J’ai remarqué qu’ici les gens t’abordent sans sympathie excessive et sans méfiance particulière. Ils t’observent. Ils attendent de voir.

Après quelques petits aménagements, une décoratrice d’intérieur a accepté de m’aider gracieusement, j’ai ouvert ma boutique d’écriture. Il y a un petit salon très cosy avec canapé et fauteuils. Je trouve cela plus convivial que le vrai bureau que j’utiliserais pour mes autres travaux d’écriture, s’il y en a. Je propose de faire des biographies ainsi que tous travaux de relecture et d’écriture. D’ailleurs un thésard en sciences vient de me confier la relecture de son mémoire. Je ne comprends pas toujours tout mais je corrige pas mal d’erreurs de syntaxe et d’orthographe bien que je ne sois pas non plus un champion en la matière. Il m’achètera en échange trois livres de poésie.

En effet une partie de ma bibliothèque trône dans ma boutique. J’ai lu quelque part que cela posait l’écrivain public dans son rôle.

J’ai eu mon premier client, un cadre stressé qui m’a laissé le soin d’écrire à sa femme, et quelques personnes qui se sont justes renseignées.

Je me sens seul comme un poisson qui remonte à contre-courant un fleuve inconnu. Je devais faire cette rupture. Il me fallait partir pour essayer de savoir un peu qui je suis et surtout prouver que je peux faire quelque chose de ma vie.

Je regrette de ne plus te voir mais j’espère qu’on s’écrira très souvent, qu’on ne se perdra pas de vu…

Avec toute mon amitié,

Nicolas De Lap.

Published in: on Sunday 12 March 2006 at 11:11 am  Leave a Comment