Lettre de Francis à Thérésa

Ma belle Divagation,

Je sais combien ces derniers jours de répétition sont toujours une épreuve douloureuse. Je ne peux que te rappeler que tu arrives au bout à chaque fois et que la scène est ton vrai lieu de vie. Regarde les étoiles qui savent te réconforter où que tu te trouves. Je les regardes souvent en pensant à toi. Respire aussi un peu en prenant tes distances car il faut te préserver pour le marathon des représentations. Il ne reste plus que quelques jours pour redécouvrir ta sérénité. Je viens de recevoir la plaquette de l’Opéra. Très classe! Je regrette qu’il n’y ait pas de photos des interprètes ou de vos répétitions. Du coup, la présentation des différents spectacles est glaciale. Je sens le souci d’être à la mode: faire décalé pour avoir l’air dans le vent…

J’ai bien entendu ton invitation. C’est vrai que Lyon me hante mais j’appréhende de revoir cette ville même en guide très occupé. J’y réfléchis très vite et je te réponds. C’est vrai que je pourrais revoir ma soeur et connaître ses enfants. Nous avons pleuré tous les deux lors de notre première conversation téléphonique depuis 10 ans. Notre brouille venait d’une broutille qui fut amplifiée par notre fierté congénitale. Sa vie a connu elle aussi les chaos des montagnes russes. La perfidie humaine m’étonnera toujours.

La France est très présente dans ma vie en ce moment. Je viens de recevoir un courrier d’un ami très cher. Il est a un tournant de sa vie et me demande conseil. Je vais probablement lui téléphoner.

J’avoue que je suis jaloux de ce directeur d’Opéra qui te sort et te distrait. Même si cela part d’une bonne intention, il est à tes cotés bien souvent et pour partager de belles choses visiblement. Est-ce qu’il ne chercherait pas à te séduire? Je connais bien Uzes, un ville du Sud bien trop romantique pour une simple ballade. Cela me donne une autre raison de te rejoindre: te surveiller!

Ta description du chouette spectacle de danse m’a inspiré quelques croquis. Le décor m’a évoqué une cathédrale portugaise dans la ville de Batalha. Je pense faire un grand format très épuré avec quelques lignes blanches pour l’architecture, les silhouettes bleus pour les danseurs et un fond marron travaillé au couteau.

J’ai peur que Lyon ait trop changé à tel point que je ne me reconnaisse plus mais sans que les mauvais souvenirs puissent s’effacer. C’est dur ce que tu me demandes.

Les coupures d’électricité ont repris de plus belles ici. Je m’y suis repris à plusieurs reprises pour écrire cette lettre. J’économise le pétrole pour l’atelier.

Souviens-toi que je t’aime très fort.

Francis.
La lumière colorée de ta voix

Published in: on Saturday 9 September 2006 at 3:16 pm  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon peintre exotique,

Je ne supporte plus les conditions de travail actuelles. Le metteur en scène est un vrai tyran. Il a concocté un planning diabolique pour les dernières semaines. Ces remarques deviennent infectes mais tout le monde se laisse faire sauf moi! J’ai l’air d’être la seule à mal le vivre. Je me méfie de tous ces sourires condescendants. Je deviens plus froide avec tout le monde. Du coup, nous n’avons plus le temps de faire des sorties de groupe avec les plus fêtards de la bande. C’est triste!

J’ai l’impression de tourner en rond dans Lyon. C’est une belle ville mais je commence à m’y ennuyer ferme. Dire que la Provence n’est pas loin et que je n’ai pas une minute à moi. J’enrage! Heureusement le directeur de l’Opéra est une perle. Il me soutient. C’est le seul à me comprendre. Il fait preuve d’une vraie gentillesses. Il a promis de m’emmener dans un charmant village pas trop loin: Uzes. Tu connais?

Tu me manques beaucoup. Il n’y a que ta voix et ton corps pour me calmer dans ces moments-là. Je regrette que tu n’ai pas eu le courage d’affronter ton passé à Lyon. Nous nous serions guidés mutuellement sur les sentiers brûlants de nos démons. Nous aurions pu marcher en amoureux dans ta ville natale. Je suis certaine que tu l’aurais vu différemment grâce à moi. Des vraies vacances auraient pu prolonger notre séjour ici. Réfléchis-y, il n’est pas trop tard. Je me sens perdue sans toi.

L’autre dimanche, seul soir sans répétition, Stéphane, le directeur de l’Opéra et moi, nous avons assisté à un spectacle de danse magnifique. La fin du spectacle est émouvante.

L’homme saute, culbute et accomplit plusieurs soleils. Ses virevoltes fatiguées s’amenuisent comme une vague sur le sable. Chute. A bout de souffle, il se masse les pieds blancs comme du calcaire. Ses mains ensanglantés y tracent des veines roses foncés. La tête penchée à gauche, Jean écoute intrigué l’écho des claquettes.

La femme stoppe à l’entrée de chapelles inachevées. Le corps totalement figé, seul son visage bouge s’imprégnant de chaque détail. Des gouttes d’eau, des larmes d’admiration?, serpentent le long de son visage.

Recroquevillé sur lui-même, il ne l’entend pas s’approcher par bond d’oiseau. D’un doigt, elle lui picore le cou, le dos, le pied gauche et le nez. Entre chaque bouchée, elle s’envole de quelques pas sur les gravas de pierre. Entre chaque bouchée, il se redresse toujours plus à l’affût.

Brusquement, il lui attrape le cou du pied droit. Il la lance dans un mouvement de toupie avant de la saisir par le buste et l’enserrer très fort. Il se penche et murmure quelques mots inaudibles. La ritournelle des mots et de la musique tournent dans l’air. Elle se lèche du sang sur ses mains.

Dans une valse sans rigueur, ils se perdent dans les infractuosités du décor. Ils se hissent comme des forcenés au cordage sculpté. En haut, enlacés assis, ils regardent ensemble au loin, avec en fond sonore un bruit de mer nocturne.

Je me suis sentie légère et en phase avec les danseurs. C’est si rare. Grâce à la position de Stéphane, nous avons terminé la soirée par un délicieux dîner avec la troupe de danse. Merveilleux! Je me suis fait draguer par un des danseurs. Il était charmant et doté d’une belle voix… Mais ne t’inquiète pas, Stéphane veillait au grain pour toi.

J’ai croisé ta soeur qui était plus détendue et elle m’a promis de venir à la première. Reprends contact, je t’en conjure. Elle es prête à te parler. Je crois même qu’elle attend de tes nouvelles. Elle était heureuse de votre conversation téléphonique. Nous avons évoqué l’éventualité de son voyage en Argentine. Je l’ai vu sourire. Cela faisait plaisir à voir.

Je t’embrasse avidement,

Ta Thérésa.

PS1: j’aimerais tellement que tu me rejoignes! J’en peux plus de vivre seule sans point de repère.

PS2: j’adore “fêtards et condescendants”. Désormais L’écrivain public sort le dictionnaire des synonymes pour trouver des mots étonnants à me faire découvrir. Son planning ne correspond plus au mien, heureusement qu’il a ouvert plus tard ce soir. Il finissait la correction du mémoire d’un futur conservateur de bibliothèque qui suit sa scolarité à l’Enssib de Villeurbanne.

Published in: on Sunday 23 July 2006 at 5:55 pm  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon amour,

En réponse rapide à ta lettre inquiète, je te fais ce petit mot pour te dire que je vais mieux. Les répétitions deviennent très prennantes et très fatiguantes. Nous enchaînons tout un acte pour la vision d'ensemble et travailler un peu plus le jeu entre nous. Je ne peux plus trop me dérober. Les relations avec le metteur en scène se sont détendues.

Nous avons essayer les costumes. C'est un moment très ludique que j'aime bien. J'y retrouve mon âme de petite fille qui enfilait les costumes de ma mère.

Cela va mieux aussi car je me suis fait des amis dans la troupe. Nous nous voyons en dehors au restaurant ou dans des petites ballades autour de Lyon. A ce propos connais-tu Pérouges? Le directeur de l'Opéra m'invite aussi à quelques soirées mondaines et me fait visiter les musées ou autres expositions temporaires comme la fascinante exposition de Jean-Luc Blanc présentée au Néon: Métempsycoses. Il s'agit de portraits réinterprétant des images ou des archétypes contemporaines. Grâce à toutes ses relations, je me sens beaucoup moins seule. L'agitation me laisse moins de temps pour vivre mes angoisses et remâcher mes doutes.

Je t'écris très vite.

Ta Thérésa qui t'embrasse tendrement

PS1: J'aime bien cette métaphore carnassière liée aux doutes. PS2: Je te joins une photo de moi en costume. J'ai pu la développer rapidement grâce aux bornes numériques très répendues ici. Comme j'aime à le répéter depuis que je connais ce mot: c'est merveilleux!

Published in: on Wednesday 14 June 2006 at 8:57 pm  Comments (2)  

Lettre de Francis à Thérésa

Ma douce voix,

Depuis presque quinze jours, je ne reçois plus tes doux mots chantant depuis la plume de l'écrivain public.

J'espère que ta nature mélancolique n'a pas trop pris le dessus. Tu n'es guère faite pour l'élan des fastidieuses répétions. Ton appétit vorace de la scène te ferais jouer tout de suite après l'apprentissage du texte et à la rigueur quelques jours pour placer la voix et les déplacements.

Je suis inquiet et me remet tout entier à Nicolas De Lap. pour avoir rapidement de tes nouvelles.

Après de douloureuses hésitations, j'ai suivi ton conseil et j'ai téléphoné à ma soeur. De longs silences d'émotions ont ponctué notre conversation. J'en ai encore la chair de poule rien que d'évoquer nos retrouvailles. Je suis encore trop bouleversé pour t'en parler. Sache juste que Véronique envisage de venir en Argentine pour me voir, peut-être avec ses enfants. Dans ses phrases parsemées de sous-entendus, j'ai compris que sa vie de couple ne ressemble en rien à ces rêves d'adolescente.

Je me sens en plein désarroi tout à la fois joyeux de ses retrouvailles et triste pour l'échec de ma soeur.

Ta présence me manque d'autant plus terriblement à cause des troubles dans lesquels j'erre au milieu de notre maison vide. J'aimerais pouvoir me réfugier aux creux de ton corps.

Avec mes plus belles caresses, je t'embrasse de tout mon coeur

Ecris-moi très vite!!!

Ton Francis

Published in: on Thursday 1 June 2006 at 8:13 pm  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Chère couleur de ma vie,

Je t'écris cette deuxième lettre rapprochée car j'ai rencontré ta soeur dimanche dernier. Véronique a été très froide. Je lui ai donné de tes nouvelles et expliqué ta réussite actuelle dans notre pays. Elle a hoché la tête lorsque je lui ai parlé de nous. Il y a eu un moment d'hésitation où j'ai l'impression qu'elle voulait me dire quelque chose, puis non… Véronique m'a ensuite congédié poliment. Avant de nous quitter, elle s'est renseignée sur les dates de représentation de l'Opéra et puis a ajouté sans conviction que je pouvais repasser "si j'en avais envie".

Vous avez quelques traits de visage en commun ainsi que des intonations. En revanche, elle m'est apparue peu guillerette (proposé par l'écrivain public, ce mot me fait rire …) pour ne pas dire triste. Véronique est restée tout aussi froide quand ses bambins (j'aime ce diminutif!) sont venues lui demander l'autorisation de regarder je ne sais quelle émission télé. Est-ce que tu ne devrais pas lui écrire?

Samedi, après la répétition, le directeur de l'Opéra m'a emmené voir la showcase de Katerine, un artiste de chanson française. Outre le look de dandy, c'est un fou qui nous a fait un numéro hilarant du gars maladroit et désabusé tout au long de sa prestation. Il a chanté trois de ces compositions que j'ai trouvé très chouette. Je t'envoie ci-joint Robots après tout, son dernier album.

Les répétitions sont un peu pénibles en ce moment car je suis en délicatesse avec le metteur en scène. Son exigence vire au délire paranoïaque. Je me suis opposé à lui sur certains points, notamment sur le rythme soutenu de notre travail. Après m'avoir traité de tous les noms, il a fini par m'exempter de certaines demi-journées. Cela reposera ma voix. Je peux aussi me ressourcer par des balades et par les lectures que tu m'avais suggéré.

Je t'écris aussi vite parce que tu me manques beaucoup. Je suis un être social et qui vit mal la solitude, tu le sais, alors l'éloignement dans une contrée où je parle difficilement la langue est un supplice pour moi. J'espère que les représentations transcenderons comme d'habitude les moments douloureux.

Je t'adresse mon chant doux et sauvage, celui qui n'appartient qu'à nous!

Thérésa

Published in: on Monday 15 May 2006 at 7:53 pm  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon chant d'amour,

Nous sommes dans une phase de répétition un peu fastidieuse. Le réglage texte, voix et mouvement devient très précis. Tant que cela n'est pas automatique, tu n'ennuie un peu à tout recommencer pour "des détails". Tu perds le plaisir du jeu et du chant qui ne se déploie que par deux ou trois strophes maximum.

Du coup, je suis libre quand vient le tour des scènes où je n'apparaît pas. Le calvaire du millimètre change d'épaules. Lyon est à moi!

Je ne comprends pas pourquoi tu as quitté cette ville. Tu ne m'as jamais expliqué d'ailleurs. Le pourras-tu un jour? A moins que ta série en cours ne le dise pour toi… Je sens bien les ravages de ton âme à la moindre évocation de Lyon. Ma nature jalouse soupçonne une femme.

Je scrute toutes les lyonnaises un peu séduisantes que je rencontre. Pour comprendre ce qu'elles auraient de plus que moi.

Hier j'ai appris deux mots amusants: agapes et pince-fesses. J'aime les deux. Lors du dernier pince-fesses à l'occasion d'une exposition de peinture – du figuratif niais et moche, selon ta classification- j'ai dû chanter après avoir bu et avalé quelques toasts bien gras. C'était désastreux mais cela fait partie des obligations de promotion pour l'Opéra. Les nias-moches prennaient des airs ravis. J'ai fui les oiseux (mot appris chez l'écrivain public) et leurs compliments.

Plutôt que de m'enfermer dans ma chambre d'hôtel à zapper les chaînes satellites en espagnol ou à feuilleter des magazines people, j'ai tourné en rond dans le vieux Lyon. Je pense à toi et tu me manques très fort. On s'y promènera un jour ensemble? Je regrette de ne pas pouvoir te parler surtout dans ces jours de fragilité liés aux répétitions où les doutes sont nombreux. C'est dur de n'avoir personne à qui se confier.

Dans le hasard de ma promenade, j'ai croisé le directeur de l'Opéra. Nous avons bu un verre. La soirée a été plus paisible. Il a su trouver les mots pour me rassurer. Il n'aime pas trop la mégalomanie du metteur en scène ni sa maniaquerie excessive sur "ces détails qui font les grandes choses…" Il m'a dit de venir le voir quand je veux si j'ai des soucis.

Dis-moi un peu ce que tu fais?
Est-ce que tu veux me décrire tes dernières créations?

Je suis désolé de ne pas avoir eu le temps de voir ta soeur. C'est prévu pour demain.

Je t'embrasse voracement (encore un mot appris chez l'ami écrivain public). Ma main s'échauffe à l'idée de se glisser sur ton torse nu!

Ta pie amoureuse
Thérésa

 

PS: Je m'amuse énormément chez l'écrivain public à chercher les mots pour me dire. En plus son thé et ses petits gâteaux sont délicieux. Je n'ai plus de raisons de ne pas t'écrire comme ces cinq derniers jours.

Published in: on Tuesday 9 May 2006 at 7:59 pm  Leave a Comment  

Lettre de Francis à Thérésa

Ma Thérésa,

La nuit s'installe avec lenteur. De la forêt surviennent épisodiquement des cris d'animaux. C'est dans ces moments là que tu me manques le plus. Te tenir dans mes bras pour réchauffer les frissons qui te viennent à la tombée du jour ou déguster ensemble un petit verre de rhum en écoutant la cacophonie urbaine mourir peu à peu. Alors je lis ta lettre en t'imaginant dans Lyon.

Je me souviens bien de tous tes chants, ceux pour les autres et ceux rien que pour moi. J'enrage dene pouvoir être à tes cotés, pouvoir te montrer mon Lyon mais je ne peux pas, non, je ne dois pas renouer avec ma vie d'avant. Je voudrais juste que tu aille voir ma soeur quand tu aura un moment de libre, lui dire que je vais bien, que j'ai arrêté mes bétises et lui parler un peu de nous si tu veux.

Impreignes-toi de tout, respire la ville de tout ton corps afin que je puisse m'y perdre en te caressant quand tu seras de retour.

Quelques jours de tourments m'ont étouffé après notre séparation. J'ai finis par comprendre et accepter que c'était Lyon venu me hanter à travers ton voyage. Trois tableaux en chantier commencent une série intitulée Lyon. Mots et couleurs créent ou recherchent une mémoire. Pour l'instant, tout cela me fait peur. Ils m'accaparent trop. Je sais que cet ensemble ne prendra fin qu'à ton retour.

Tiens-moi au courant de tes progrès en français. Ne tombes pas amoureuse de Lyon! Reviens vite!

L'absence de tes baisers est insupportable. Je reste en tremblant quand je pense que tu n'es plus ici.

Je t'aime.

Francis

Published in: on Wednesday 3 May 2006 at 8:18 pm  Leave a Comment  

Lettre de Thérésa à Francis

Mon chéri,

Cette nuit quand je me suis glissée dans le lit de l’hôtel, pourtant petit, je me suis sentie perdue. J’aurais eu besoin de sentir ton corps, de pouvoir te toucher et caresser ton corps, tes muscles,…

Je rougie de te confier cela en présence de l’écrivain public. Mais comme je n’écris pas le français, il le faut bien.

Dans ce pays, cette ville, ces gens qui t’on vu naître, je pense encore plus à toi que lors de mes autres prestations en Europe.

J’essaie d’observer comment les gens d’ici font pour s’embrasser, se tenir à table, sourire, chanter et parler. Ils aiment beaucoup manifester ou faire grève. J’ai croisé hier les étudiants s’opposant au CPE (Contrat Première Embauche). J’y comprends rien…

J’écoute tout azimut -mot que j’ai découvert hier- ce qui se dit et je te promets d’avoir un meilleur vocabulaire en rentrant.

Les répétitions se passent bien. Ils n’arrêtent pas de dire qu’ils “adorent” ma voix.
Moi, je t’adore en entier. J’adore ta bouche aux belles lèvres et ta langue curieuse qui fouille en moi. J’espère que tu te souviens de mon chant d’amour quand nous sommes au lit. Je tais ici les détails mais je pense que tu vois à quoi je fais allusion.

Ecris-moi chez l’écrivain public, tu sais que je ne peux lire le français.

Je t’embrasse

Ton oiseau chantant
Thérésa

Published in: on Wednesday 15 March 2006 at 4:22 pm  Leave a Comment